Manuel Valls avait à nouveau choisi l’épreuve de force. La confrontation a mal tourné pour le premier ministre. La résolution des syndicats et la protestation des démocrates l’ont contraint à reculer en catastrophe et à renoncer, en tout début d’après midi,à une atteinte majeure aux libertés publiques. Retraite en désordre qui rappelle le diagnostic de Philippe Martinez d’« un gouvernement aux abois ». L’affaire n’est pas close. Comment ne pas s’interroger devant ce naufrage? Fanatisme ordo-libéral ? Volonté de briser les ressorts de gauche quitte à laisser gagner la droite en 2017 ? Enfermement dans une posture de rigidité qui confine à l’arthrose ? La rupture des gouvernants avec le pays réel atteindra à coup sûr un seuil critique si, envers et contre tous, ils n’entendent pas la voix de la raison qui exige de cesser l’examen par le Parlement de cette loi réactionnaire. Aujourd’hui, les manifestations, autour d’une Bastille reprise et en province, le proclameront plutôt deux fois qu’une, avec le sentiment d’avoir marqué un point et celui de profiter pleinement d’une liberté sauvegardée.
Extraits de l’édito de Patric Apel Müller dans l’humanité de ce joir