Extraits d’articles du journal l’humanité de ce jour.
La logique de l’article 2 est une logique de régression sociale au nom d’un dialogue social imaginaire. Ce n’est pas une erreur, une mauvaise mise en forme d’une bonne intention, et c’est pourquoi, fondamentalement, il ne peut être amendé.
C’est un choix politique et social, clairement annoncé dans le document d’avril 2013 du Conseil d’analyse économique, organisme placé auprès du premier ministre, que nous commentons plus loin. Au-delà même du temps de travail ou du paiement des heures supplémentaires, il vise la baisse des salaires, la « modération » dont parlait Emmanuel Macron la semaine passée dans une interview aux Échos. Il préconisait en toutes lettres, pour passer outre les accords de branche qui définissent des minima de salaires, de « décloisonner les négociations relatives aux rémunérations, à l’emploi et aux conditions de travail en envisageant en outre un recours plus large aux clauses dérogatoires de façon concertée ». C’est bien cela, Monsieur le premier ministre, la philosophie de cette loi que feignent d’ignorer ceux qui font encore les ânes. Pour combien de temps ?

UNE NOTE D’UN ORGANISME AU SERVICE DE MATIGNON PROPOSAIT DÈS 2013 DE FAIRE SAUTER LE VERROU DE LA BRANCHE POUR DONNER LA PRIMAUTÉ À L’ACCORD D’ENTREPRISE. OBJECTIF AVOUÉ : FAIRE BAISSER LES SALAIRES. UNE INVERSION REPRISE DANS LA LOI EL KHOMRI QUI S’APPLIQUERAIT À TOUS LES ACCORDS COLLECTIFS, SALAIRES COMPRIS, DÈS 2019.
La note remise au gouvernement explique que, d’une part, une dynamique favorable aux salaires « met en danger l’efficacité du crédit impôt compétitivité emploi (CICE) pour réduire durablement le coût du travail ; d’autre part et surtout, elle rend très difficile une inversion de la courbe du chômage à moyen terme ». On comprend mieux pourquoi P.GATTAZ ET LE GOUVERNEMENT S’ARC-BOUTENT SUR L’ARTICLE 2
Dans son entretien au Monde daté d’hier, le patron des patrons fait d’ailleurs du maintien de l’article 2 le casus belli à tout autre négociation. Or, si on en croit les différentes études, rien n’indique que baisse des salaires va de pair avec hausse de l’emploi, bien contraire.