Pris de court, les médias récitent donc leur petit bréviaire en continuant jour après jour de se faire peur ­ et hystériser les Français ­, jusqu’à tordre les mots à longueur d’antenne, « violence des blocages », « prise d’otage »… Mais qui est violenté ? Qui est séquestré dans des logiques infernales ? En somme : à qui la faute ? Un mouvement de contestation de cette ampleur, mâtiné, quoi qu’on en pense, d’un parfum de révolte citoyenne pré-insurrectionnelle qui parcourt diversement tout le corps social, ne provient jamais de nulle part. Sans vouloir jouer les historiens de pacotille, il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que sans les grèves, sans les blocages, sans les manifestations, nous en serions encore au monde de Zola, de Steinbeck et du travail des enfants. Voilà pourquoi chacun doit mesurer ce qu’une victoire contre la loi travail aurait de galvanisant pour l’avenir.
Extraits de l’édito de Jean Emmanuel DUCOIN dans l’humanité d ce jour