Le coup passa si près… Un ouf de soulagement a parcouru l’Europe après la victoire, en Autriche, d’un souffle du candidat Vert sur celui de l’extrême droite. Trop souvent un lâche soulagement. Si Manuel Valls a jugé hier que « chacun doit en tirer les leçons », il s’est bien gardé de se livrer à l’exercice. Il aurait fallu avoir le courage de l’autocritique. La montée des populismes, des racismes et des extrêmes droites dans de nombreux pays européens se nourrit en effet de politiques d’austérité qui menacent le présent des milieux populaires et obscurcissent l’avenir. Symétriquement, une caste réduite et fermée de privilégiés s’enrichit spectaculairement, passant ses consignes à un personnel politique docile afin que la concurrence entre les peuples et entre les individus eux-mêmes soit exacerbée. Là peuvent fermenter les haines, les peurs et les rejets des autres…..
Quand, de surcroît, la social-démocratie abdique ce qui lui restait de social et les valeurs d’humanité pour gouverner en harmonie avec les conservateurs, gauche et droite se confondent dans les mêmes choix d’injustice, les mêmes rengaines libérales, voire réactionnaires, le même autoritarisme qui rend sourd aux revendications populaires si elles contredisent les marchés financiers. C’est un tapis brun déroulé aux forces obscures.
EXtraits de l’ÉDITORIAL de PATRICK APEL-MULLER dans l’humanité de ce jour