François Hollande a beau jeu de dénoncer « un blocage décidé par une minorité », lui qui atteint des sommets d’impopularité, isolé comme jamais, réduit à dégainer le 49-3 à chacune de ses initiatives politiques. Les grèves, elles, sont votées démocratiquement par les salariés, et avec des scores sans appel. La loi El Khomri est toujours rejetée par 75 % des Français. Demain, les salariés se mobiliseront nationalement pour la huitième fois depuis le début du mouvement, à l’initiative d’une intersyndicale…
Toujours en tête de la nuée des oiseaux de malheur, Emmanuel Macron n’a d’ailleurs pas résisté à une nouvelle provocation, en appelant à « aller encore plus loin que la loi El Khomri » et « laisser avancer la France qui travaille ». Voilà une bonne idée dont il ferait bien de s’inspirer, plutôt que de prêcher, sous un masque de modernité, un retour au XIXe siècle. « Le bras de fer dans lequel s’engage la CGT est conservateur », a osé quant à lui Manuel Valls, qui se rêve dans les pas du Tigre, assumant une répression des grèves dans « la plus grande fermeté ». Rappelons-lui, avec Jaurès, que « le progrès est la condition de l’ordre ».