« Les Français doivent pouvoir s’apprivoiser »… Joli lapsus de Manuel Valls, hier à l’Assemblée nationale, qui dit tout à la fois la fragilité d’un pouvoir à qui l’opinion attribue la responsabilité des blocages de carburant et la volonté de museler les salariés. Crispé, à la limite de la fébrilité, le premier ministre s’est affranchi de la vérité en assurant que les salariés des sites pétroliers « ne sont pas concernés par la loi travail ». Il fallait justifier la brutalité du ton… Le chef du gouvernement se montre d’autant plus droit dans ses bottes que son navire tangue. Le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, a même proposé hier de revenir sur l’article 2 de la loi travail, celui qui brise la hiérarchie des normes, avant de rétropédaler dans la plus grande confusion. Mais, surtout, ni l’autoritarisme du 49-3, ni les campagnes contre la CGT,
ni les tentatives de division, ni les menaces contre les grévistes ne freinent l’extension du mouvement de grève à de nouveaux secteurs. De nouvelles manifestations se déroulent aujourd’hui. L’énergie et les centrales nucléaires se mettent en grève ; les cheminots, les agents de la RATP et les contrôleurs aériens sont dans l’action ; les routiers prêtent toujours la main et le bâtiment va s’y mettre. Et quand le bâtiment va…
Extraits de l’Editorial de Patrick Apel Müller dans l’Humanité de ce jour.