De nouvelles manifestations se déroulent aujourd’hui. L’énergie et les centrales nucléaires se mettent en grève ; les cheminots, les agents de la RATP et les contrôleurs aériens sont dans l’action ; les routiers prêtent toujours la main et le bâtiment va s’y mettre. Et quand le bâtiment va…
Le pouvoir se rapproche du fond de l’impasse. A-t-il choisi l’escalade de la tension sociale ? Veut-il prendre le risque de troubler l’Euro de football ? Des calculs politiciens ou de carrière parient-ils sur l’épreuve de force ? Jusqu’où va la dévotion au Medef et aux « amis de la finance » ? Tout près de notre frontière, le mouvement massif des salariés belges qui luttent eux aussi contre des déréglementations du travail et des reculs sociaux confirme, après les purges espagnoles, portugaises, grecques, anglaises ou allemandes, que la même prescription a été délivrée par les milieux dirigeants européens. Partout, elle a fait la preuve de sa nocivité. Mais il semble que la France ne soit pas prête à devenir, selon le mot de Jaurès, « le jouet des oligarchies accapareuses ».
Extraits de l’Editoril de Patrick Apel Müller dans l’humanité d ce jour.