On ne pourra pas faire à Jean-Christophe Cambadélis le même reproche qu’à son prédécesseur Harlem Désir. Si ce dernier avait plongé le parti dans une profonde léthargie, « Camba », lui, s’agite beaucoup, s’échine sans grand succès à créer sa « belle alliance populaire », et lance des groupes de travail. Seulement, difficile d’être crédible quand son propre camp tient les rênes du pouvoir. À ce titre, le rapport présenté hier, portant sur « 50 recommandations pour nos institutions », est particulièrement croquignolet. La feuille de route, fixée par le premier secrétaire, prévoyait que « cette réflexion contribue à répondre au malaise démocratique qui résulte de la coupure croissante entre les citoyens et leurs représentants ». Un beau programme. Le résultat n’est pas inintéressant. En deux parties, les rapporteurs ambitionnent de « rénover la vie politique » et d’« équilibrer les pouvoirs » en fixant de grands principes : « renforcer l’expression du peuple », « mieux représenter le peuple », rendre la « démocratie exemplaire », agir pour « une représentation parlementaire renforcée » ou encore oeuvrer à un « un exécutif mieux contrôlé », chacun de ces principes se déclinant en recommandations concrètes.
À croire que ce n’est pas un président socialiste qui occupe depuis quatre ans l’Élysée. Plus fort encore : parmi les propositions figurent nombre de promesses oubliées par François Hollande : proportionnelle aux législatives, droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers, interdiction stricte du cumul des mandats… Notons tout de même qu’au moment où le Parlement est muselé comme jamais, le rapport qui préconise donc le renforcement du Parlement ne va pas jusqu’à proposer d’en finir avec l’article 49-3 de la Constitution. Cela aurait sans doute été trop visible.