Alors, tout est bon ? Tout est permis et possible, sans frein ni mesure ? Tout serait ainsi acceptable dans le débat public ? La voilà donc, la France de 2016 dont quelques-uns des principaux hiérarques actuels de l’orthodoxie dominante se permettent d’utiliser le moindre prétexte pour tenter de dézinguer le plus vieux syndicat, qui a tant donné et oeuvré pour l’existence même des droits sociaux et la consolidation de la dignité des plus faibles ? Il aura suffi d’une affiche, volontairement provocante, pour qu’un véritable tir de masse s’abatte sur la CGT, dont le congrès, à Marseille, en gêne manifestement plus d’un… Ce qu’affiche révèle, tout de même ! Et ce qu’elle dit, par effet miroir, de l’état de ceux qui croient nous dominer ! « Honteuse », « immonde », « abjecte »… Depuis hier matin, les adjectifs en forme de coups ne manquent pas ­ venant de la droite comme de la gauche d’ailleurs ­, pour qualifier l’affiche diffusée par le syndicat Info’com de la CGT dénonçant les violences policières des dernières semaines.
Qu’y voit-on ? Une matraque et un insigne de CRS, près d’une flaque de sang, titrés : « La police doit protéger les citoyens et non les frapper. » Et ? Certains pensent le contraire ? D’autres osent contredire le fait qu’il y a eu des violences policières, quand le ministre de l’Intérieur lui-même s’est inquiété publiquement au moins d’un cas précis ? Bernard Cazeneuve crie pourtant aux loups, avec la droite et son extrême. Sans parler de Jean-Christophe Cambadélis, qui évoque une « gauchisation » de la CGT. Qu’il nous pardonne, ou pas, mais donner des leçons de gauche quand on l’a à ce point quittée, abandonnée et trahie, cela prouve que, pour le pouvoir, le syndicalisme de lutte est un ennemi à combattre. Vu le climat social, la contestation contre la loi travail, Nuit debout, etc., il n’y a rien d’étonnant, hélas. Une vieille haine se réveille et se déchaîne comme jamais. Cette haine puise dans les ressorts conservateurs et ne vise qu’à affaiblir ­ bonne chance ! ­ l’un des syndicats les plus réformateurs, oui, vous avez bien lu, un syndicat authentiquement réformateur : mais au bénéfice des salariés ! Au fond, cette haine porte un nom qui brûle leurs lèvres à tous. Aidonsles à l’avouer : une haine de classe. Qu’ils le sachent, nous ne sommes pas de la leur !