De l’oeuvre de François Mitterrand, d’ajustements pragmatiques en renoncements honteux, il ne reste dans l’esprit des Français que la retraite à 60 ans et l’abolition de la peine de mort. Selon un sondage Ifop pour
Paris Match, 65 % des Français (et 93 % des sympathisants socialistes !) ont « une bonne opinion » des années 1981-1995. Oubliés, le gel des salaires dès juin 1982, la création du forfait hospitalier, la pluie de taxes qui s’abat essentiellement sur les plus modestes… « Il est parfaitement clair que la politique à mener est celle de la rigueur et c’est cette politique que je poursuivrai ! » lance en avril 1983 le premier ministre Pierre Mauroy, dont le directeur de cabinet est un certain… François Hollande. Logique : il était des « chargés de mission » qui, dès 1981, planchaient sur les orientations économiques de l’Élysée…
Le « tournant de la rigueur » est applaudi par Yvon Gattaz, le président du CNPF, ancêtre du Medef, qui y voit « une chance historique de faire baisser les salaires ». Lors de la création du pacte de responsabilité par le gouvernement Valls, c’est le successeur et fils du patron des patrons, Pierre Gattaz, qui assurait le gouvernement de sa « confiance » : « Nous pouvons accompagner les réformes. » La réorientation de la politique économique en direction des entreprises prônée par les socialistes en 1983 fait toujours recette en 2016.