rappelait, samedi, Pierre Rosanvallon à la première Agora de l’Humanité accueillie à la Cité de l’immigration. « Nous sommes gouvernés par des gens qui ne tiennent pas leur parole », donc incapables de désigner un horizon, disait, la veille, Marie-José Mondzain aux Amis de l’Huma, à la Maison des métallos. Des lieux symboliques choisis pour une certitude commune : liberté, égalité, fraternité ne se revivifieront pas sans que le peuple ne dise son mot et ne dégage l’horizon.
Que reste-il de ce dimanche de janvier ? » répète quatre fois la chanson pour conclure. La faible mobilisation citoyenne sonne comme une réponse acerbe.
Que reste-t-il aussi des élans populaires qui brandissaient une République jeune, festive et même parfois provocatrice ?…À la fin de la cérémonie, les chanteurs en uniformes sombres chantent la Marseillaise. Une dizaine de citoyens, à peine, finissent par l’entonner. Dans l’après-midi, malgré l’enlèvement des barrières et l’illumination du chêne de la mémoire, dans la soirée, la mobilisation ne s’est pas renforcée.
De telles dissonances entre les aspirations citoyennes et celles de nos dirigeants révèlent les limites des stratégies politiciennes qui cherchent à surfer sur l’émoi populaire. « Le malaise est partout, dénonce un père venu de Sartrouville avec son fils.À l’école et dans les rues de nos quartiers. Et il poursuit,en banlieue, nous sommes complètement abandonnés par l’État. Au lieu de rénover les façades, je me dis qu’on devrait rénover les esprits.