Quand l’enjeu principal d’un scrutin consiste à ériger un barrage à la conquête de plusieurs grandes régions françaises par l’extrême droite, on mesure la profondeur de la crise de notre démocratie. Le premier tour a placé la famille du milliardaire de Montretout au centre du débat électoral, faisant planer une menace concrète et à court terme non seulement sur les institutions républicaines mais sur les droits sociaux de millions de familles modestes des Flandres à la Méditerranée. Cette dramatique atrophie de la compétition électorale ne constitue pas une surprise. Les ingrédients du cocktail empoisonné ne manquaient pas, entre une droite « républicaine » comme on dit pour s’en convaincre, qui n’eut de cesse de « combattre » sa composante extrême en reprenant à son compte ses propres thèses, et un exécutif dont la politique a désespéré tant d’électeurs de gauche au point de provoquer chez eux une hémorragie abstentionniste meurtrière. Dans ce paysage dévasté, qu’il faudra reconstruire sur des bases plus solides, les progressistes, les femmes et les hommes de gauche communistes, socialistes, écologistes doivent parer à l’urgence et préserver la France d’autres matins bruns.(tire de l’édito de Jean Paul Pierot dans l’humanité de ce jour)