Éclipsée un temps par l’incendie qui ravage la Syrie, la plus ancienne guerre coloniale du monde, qui oppose le gouvernement israélien au peuple palestinien, semblait avoir disparu des radars de l’actualité. Elle réapparaît après que sept Israéliens ont été tués, le plus souvent à l’arme blanche, en Cisjordanie et dans les quartiers palestiniens occupés de Jérusalem, depuis le 1er octobre. Qu’importe que l’escalade de violence ait débuté fin juillet près de Naplouse avec l’incendie par des colons d’une maison palestinienne, dans laquelle périrent brûlés vifs un bébé et ses deux parents, qu’importe que la répression qui s’abat sur les manifestations ait causé la mort d’une trentaine de jeunes, dont l’un n’avait que treize ans, c’est aller bien vite en besogne que de parler de « guerre des couteaux » ou de « troisième Intifada ». En réalité, comme le dénonce la journaliste israélienne Amira Hass : « Que nous remarquions qu’il y a une guerre que lorsque des juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestinens se font tuer tout le temps et que tout le temps nous faisons tout ce qui est dans notre pouvoir pour leur rendre la vie insupportable. »par Jean Paul Pierot éditorialiste de l’humanité de ce jour.