Une chemise déchirée pèse plus que le sort de 2 900 salariés. Bombant le torse, le premier ministre s’est précipité, hier, au siège d’Air France pour traiter de « voyous » les employés qui ont molesté deux dirigeants, annoncer des « sanctions lourdes » et proclamer que « la France est sous le choc ». Ces incidents étaient tout à fait regrettables, mais quel contraste entre sa compassion envers deux cadres ­ surjouée, pour que l’émotion de l’opinion paralyse la résistance des salariés ­ et l’indifférence tranquille de Manuel Valls à l’égard des milliers de syndicalistes, harcelés par leur hiérarchie, brimés dans leur carrière et bien souvent licenciés.de Patrick Apel Muller édito de l’humanité de ce jour