Certes, la diplomatie française n’approuve pas les exécutions quasi quotidiennes, le maintien sous tutelle des femmes, un fondamentalisme religieux criminel, mais tout cela ne pèse pas lourd devant les contrats de vente d’armes signés en pétrodollars. Et les gestes de bienveillance ne manquent guère : François Hollande s’est rendu à Riyad lors de l’intronisation du roi Salmane, il fut l’hôte d’honneur du conseil de coopération du Golfe. Paris s’affirme comme le principal allié de l’Arabie saoudite, qui ne joue pas un rôle modérateur dans la crise régionale contre la Syrie et l’Iran. Officiellement hostile à Daech, le royaume a partie liée avec les djihadistes, dont le projet de société s’inspire de l’intégrisme théocratique du Golfe, au nom duquel les bourreaux du jeune Ali Mohamed affûtent leurs sabres.
De Jean Paul Pierot l’humanité du 25 octobre.