Les patrons ne respectent pas la loi ? Eh bien, changeons-la ! Les députés s’opposent aux amendements ? Eh bien, contournons-les !
C’est ainsi que les choses se passent sous le quinquennat de M. Hollande. En moins de cinq ans, suite au bras de fer engagé par Bricorama sur le travail du dimanche, le Medef aura obtenu une loi taillée sur mesure. Pourtant, l’extension du travail le dimanche, encore impensable il y a dix ans, donne un avant-goût de la « civilisation du supermarché » et de son lot de régressions sociales que nous concoctent les néolibéraux. Alors, on entend déjà la complainte libérale et son refrain pervers du « volontariat » des salariés en réalité, un chantage à la survie. Les grands groupes communiquent volontiers sur « le libre choix » laissé à leurs employés. Mais ils sont beaucoup moins prolixes quand il s’agit d’évoquer la très grande faiblesse des salaires qui prévaut dans le commerce, ou le sort des étudiants salariés, aujourd’hui condamnés à devenir de la main-d’oeuvre bon marché pour les nocturnes, dimanches et jours fériés, qui rempliront les poches des actionnaires.
De Maud Vergnol dans l’humanité de ce jour…