les derniers propos publics de François Hollande sur l’arme nucléaire datent de février dernier à Istres : « La dissuasion stimule nos efforts de recherche et de développement et contribue à l’excellence et à la compétitivité de notre industrie. » On est loin à ce stade d’une pétition ne serait-ce que de principe en faveur d’un désarmement nucléaire généralisé. En clair, non seulement la France fournit en matériel les foyers de tension, mais on feint au plus haut niveau d’ignorer que l’autodestruction nucléaire est toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
N’est ce pas Jean Yves Le Drian le ministre de La Défense qui claironait voici quelques mois:
« Depuis mon arrivée, le montant des prises de commande a doublé ».
La France en 2015 devrait réaliser un chiffre d’affaires à l’export de 15 milliards d’euros, principalement en direction de l’Asie et du Moyen-Orient, soit dans les zones les plus instables de la planète. Au premier rang de l’excellence française, les Rafale vendus au Qatar, à l’Égypte et à l’Inde, puissance nucléaire. Notons au passage qu’ils peuvent être équipés de missiles porteurs de têtes thermonucléaires de 300 kilotonnes. Ce qui est modeste mais représente tout de même la puissance de destruction de quinze « Little Boy », la bombe larguée sur Hiroshima.
Tiré de l’édito de Maurice Ulrich dans l’humanité de ce jour.