Ce qui, avec l’officialisation jeudi de la cession par Areva de son activité réacteurs à EDF, pourrait apparaître comme une question de méthode est en réalité une question stratégique majeure.L’Etat en tant qu’actionnaire ultramajoritaire dans chacun des deux groupes, qui a tranché, et ce depuis le mois de juin, en faveur de la reprise par EDF de cette part d’Areva. On a envie de dire à ce stade comme Michel Audiard : « un tel air de faux-cul, c’est presque de la franchise ».
La réalité, c’est d’abord la suppression déjà quasiment actée de quelque 6 000 emplois, ensuite la cession de sa filiale Canberra, spécialisée dans les instruments de mesure, aux Américains, et enfin un besoin de financement, de recapitalisation à hauteur de 7 milliards.
L’Élysée et Emmanuel Macron s’apprêteraient à vendre à la découpe la peau de l’ours sur le marché au motif que sa recapitalisation coûterait trop cher à l’État qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. C’est donc bien du dépeçage d’Areva qu’il est question.
Pour autant, il est illusoire de penser qu’EDF ne s’en portera que mieux, qui devra faire face dans les prochaines années au financement de la rénovation de son parc de centrales.
Tiré de l’Dito de Maurice Ullrich dansl’humanité de ce jour .