Monsieur le Président,

Membre de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale, CDPPT, j’ai rencontré ce mercredi 25 février 2015, les salariés de La Poste, notamment de la « Plate-forme de Préparation et de Distribution du Courrier » venus interpeller le Conseil Général de Seine-Maritime.

Ils m’ont fait part des nombreux dysfonctionnements de leur entreprise qui abandonne ses missions historiques, dégradant ainsi chaque jour un peu plus le service public postal.

C’est particulièrement vrai pour les facteurs, qui avaient un rôle très important dans ce que l’on appelle la « cohésion sociale » de la population et qui voient ce rôle se réduire avec notamment des tournées qui s’allongent.

Dans ces conditions, les salariés refusent l’idée que les collectivités, communes ou départements, viennent se substituer à La Poste dans le seul but de réduire les frais généraux de cette entreprise et donc d’en augmenter les bénéfices, les dividendes versés aux actionnaires, Etat compris, sous prétexte d’un véritable chantage opéré par la direction de La Poste avec le silence complice de l’Etat, visant à monnayer le maintien des services postaux de proximité et à la conditionner à des financements publics que l’on pourrait assimiler à une rançon exigée en la matière.

Cela constitue un véritable transfert inacceptable de charges supplémentaires, de l’Etat vers les collectivités, dans un contexte où celles-ci sont déjà asphyxiées par l’Etat.

Alors que cette entreprise fait des bénéfices et reçoit de l’Etat du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi, CICE, 352 millions en 2014, normalement dans le but de créer des emplois, force est de constater qu’elle en supprime, (le chiffre de 6 284 emplois supprimés au plan national étant annoncé pour l’année 2014).
Elle a également reversé en 2014, 171 millions d’euros à ses actionnaires (Etat et Caisse des dépôts et consignations).

Comme eux, je me bats, avec les élus communistes et républicains, mais aussi aux cotés de nombreux maires de toute tendance politique pour la défense et l’amélioration permanente du service public postal.
Celui-ci a été mis à mal par la privatisation de mars 2010 et l’ouverture du capital de l’entreprise La poste devenue Société Anonyme en devançant les directives européennes.

Le service postal directement financé par les usagers, et, durant des décennies par l’Etat, doit demeurer un service public.

Aussi, Monsieur le Président, comme vous rencontrez vendredi 27 février le Président Directeur général de La Poste, Monsieur Philippe Wahl, je vous demande de refuser le chantage de cette entreprise qui a pour finalité d’une part de faire financer le service public postal par les collectivités locales et d‘autre part de nous inviter à externaliser les activités sociales du Département vers la Poste, palliant ainsi ses déficiences.

Sachant que vous comprendrez le sens de ma démarche, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

Michel BARRIER