Gonflées les sociétés autoroutières ! Hier, l’air de rien, elles ont proposé une nouvelle augmentation des tarifs de 0,57 % au 1er février 2015, dans le cadre de la hausse annuelle, qui sera présentée vendredi par l’État. Ces entreprises sont multirécidivistes en la matière. Elles ont augmenté les prix des péages de 21,7 % depuis 2007.

Comme par hasard, entre 2006, année de la privatisation, et 2013, leur chiffre d’affaires a bondi de 26 %, avec 1,7 milliard d’augmentation pour un total de 8,2 milliards d’euros… Les sept concessionnaires principaux, parmi lesquels Vinci, Eiffage ou Abertis, n’ont jamais ralenti leur course folle au gain, distribuant 14,6 milliards d’euros de dividendes depuis 2006. Les hausses des tarifs autoroutiers défilent devant les usagers, médusés. Pour le délégué général de 40 Millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, c’est « absolument inacceptable alors que le ministre de l’Économie avait promis une baisse ». S’appuyant sur le rapport de l’Autorité de la concurrence faisant état de cette situation de « rente » des sociétés autoroutières, le gouvernement s’était engagé à y mettre un coup de frein. Rapidement, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, est montée au créneau: « C’est inadmissible, on ne leur donnera pas cette autorisation.
POINTÉES DU DOIGT POUR LEURS ABUS, LES CONCESSIONNAIRES PERSISTENT À DEMANDER UNE HAUSSE DES TARIFS.

L’État, au nom du pouvoir d’achat des Français, va prendre ses responsabilités et va leur rappeler leurs droits et leurs devoirs. » La contre-attaque a commencé. L’association 40 Millions d’automobilistes va « lancer dès ce soir une grande opération de mobilisation ». Le 19 novembre, la mission d’information parlementaire sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport avait rendu son rapport d’étape et réclamé un débat public au Parlement, prônant des pistes comme la nationalisation, idée portée depuis des décennies par le PCF. En attendant, les concessionnaires continuent d’amasser les profits au kilomètre.