imageLe chef de l’État a redessiné la France institutionnelle en quelques heures au nom de « l’Europe des régions », par lesquelles les territoires et les métropoles s’extraient des processus citoyens en privilégiant les logiques marchandes et la compétition économique. Ainsi, on voudrait nous imposer la sortie de notre histoire républicaine à la française.
Comment décider au nom du peuple en tournant le dos aux citoyens ?

Décidé lors d’un de ces comités restreints dont la Ve a le secret : le « big-bang » territorial tant rêvé par la droite et le Medef est donc lancé. Plus rien, pensent-ils, ne l’arrêtera. Mais l’affaire est sérieuse et grave’..

La raison pour laquelle le chef de l’État a redessiné la France institutionnelle en quelques heures procède d’une logique qui s’apparente tellement à ce que Sarkozy lui-même avait en tête que nous pouvons, hélas, prévoir le pire. Au nom de « l’Europe des régions », la’éradication des échelons territoriaux jugés « inférieurs », comme les départements ou les communes – là où subsiste la vivacité démocratique locale –, est une vieille inspiration libérale de la construction européenne, qui n’a d’autre ambition que l’austérité accrue pour les budgets publics, quels qu’ils soient. Laissera-t-on l’Europe libérale et la finance triompher du bien commun, des solidarités et des principes d’égalité des territoires ?

Laissera-t-on l’Europe des régions et sa logique de dépeçage austéritaire anéantir l’organisation républicaine née de la Révolution et revivifiée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ? Changer de République pour une VIe, oui. Vendre la République au plus offrant, non. Tôt ou tard les citoyens eux-mêmes devront avoir le dernier mot. Par référendum, sinon ça pourrait bien ressembler un coup d’état!