
Publié dans le Havre Libre le mardi 04 mai 2010
Edito de Michel Lépinay
Cette guerre a déjà tellement duré ! Et la paix a été tant de fois promise ! Toujours en vain. Ce « processus de paix », qui est en gestation depuis une vingtaine d’années, n’est qu’un long chapelet de déceptions. Les responsables israéliens, palestiniens, et internationaux, débattent, prennent des résolutions, signent des accords, des feuilles de route… et rien ne change. Ou plutôt si. Sur le terrain, la situation se dégrade pour les populations. La question n’est pas de savoir qui a le plus souffert. Au fil des années, les Israéliens ont payé très cher leur tribut au terrorisme, cruelle contrepartie de leurs conquêtes territoriales. Les bombes et les roquettes du Hamas ont semé la mort dans leurs villes, et la peur de « l’autre », du Palestinien, dans leurs cœurs. En face, les populations palestiniennes ont subi une accumulation d’injustices, d’humiliations et de violences, comme contrepartie de la terreur de quelques-uns. Ceux de Gaza, après avoir perdu des centaines des leurs, n’ont même plus d’horizon, coincés d’un côté par une armée qui les emprisonne, les isole du monde, et menace à tout moment de renvoyer ses tanks, et de l’autre par des dirigeants religieux fanatiques qui réglementent leur existence et décident de les maintenir dans l’impasse qu’ils ont choisie. Ceux de Jérusalem et de Cisjordanie essayent quant à eux d’inventer un avenir pour un pays, le leur, qui reste pour l’essentiel un territoire occupé. Comment créer une économie, avoir une vie sociale, mettre en place une démocratie… quand on ne dispose pas de la liberté de mouvement ? C’est vrai en particulier à Jérusalem, point névralgique de ce conflit. Israéliens et Palestiniens la veulent pour capitale. L’Ouest de la ville est aux uns, l’Est devrait être aux autres. Mais pour l’heure, Israël est resté seul maître à Jérusalem et y dicte sa loi.
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