Le débat sur la suppression du bouclier fiscal cache une série de mesures libérales

Le débat sur la suppression du bouclier fiscal cache une série de mesures libérales

La droite, la chèvre et le chou fiscal. Alain Juppé,moralisateur; suggère « aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire »! Le choix des mots. Lorsqu’une partie de la droite propose de suspendre et non de supprimer le bouclier fiscal, elle tente, malgré tout, de ménager la chèvre et le chou. Soit un déficit public abyssal et une opinion qui, en pleine crise, a du mal à avaler que les ménages les plus fortunés continuent d’être exonérés et de s’enrichir. La droite, qui souhaite poursuivre coûte que coûte sa politique de réformes, a donc un sérieux problème d’affichage. Le bouclier fiscal impose qu’un contribuable ne puisse s’acquitter de plus de 50 % de ses revenus en impôts directs. En 2008, Bercy a ainsi restitué 30 000 euros en moyenne à quelque 18?893 foyers fiscaux au titre d’un trop-perçu d’impôt. Soit une facture de 578 millions d’euros pour l’État. Aux envolées morales d’Alain Juppé, qui suggère de demander « aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire », répondent les projets d’augmentation de l’impôt sur le revenu, de suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui représente 3,8 milliards d’euros et d’instauration d’une cinquième tranche d’impôt sur le revenu, autour de 45 %, pour les foyers déclarant un revenu imposable supérieur à 100 000 euros par part fiscale. Enfin, Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à l’idée d’augmenter la TVA, qui représente aujourd’hui 51 % des recettes de l’État : « Il faut continuer à réfléchir au moyen de financer notre protection sociale autrement qu’en taxant le travail », glissait-il au Figaro Magazine avant le premier tour des élections régionales. En réalité, la droite cherche bien à compenser la baisse des cotisations sociales des employeurs par l’augmentation de la TVA. Pris en tenaille par le pacte de stabilité européen, le gouvernement fixe à 2014 l’échéance de retour à un déficit public sous la barre des 3 % du PIB. Or la suppression de la taxe professionnelle, combinée aux diverses exonérations fiscales, risque d’éroder un peu plus les recettes de l’État. Lina Sankari

Michel Barrier

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