Michel Lépinay chroniqueur dans PN se pose à juste titre la question dans l’édition du 11 mars 2010.
Décidément, c’est à croire qu’Israël (ou tout au moins son Premier ministre). ne veut pas de la paix.
Déjà en juin 2007 (40 années après la guerre des six jours,dans un entretien accordé à Pierre Barbancey journaliste au journal l’Humanité, Tom Segev historien israélien affirmait: »en prenant Jérusalem, Israël a décidé qu’il n’y aurait pas de paix ». (il a publié un très bon livre; 1967, 6 jours qui ont changé le monde aux éditions Denoël;658 pages 32 €) voir la pièce jointe.
Michel Lépinay donc développe ainsi sa vision de la situation!
Les Israéliens en ont évidemment assez de ces guerres et aspirent comme tout le monde à vivre en paix. Mais on peut se demander si Benyamin Netanyahu ne préfère pas un état de crise permanent, de guerre larvée, à une véritable négociation de paix. C’est en tout cas ce que pensent les Palestiniens. Mais aussi sans doute parfois le vice-président des Etats-Unis Joe Biden, venu sur place pour tenter de relancer un processus de paix moribond, et qui déplore qu’on « sape la confiance ». Hier, c’est même du gouvernement israélien, en la personne du ministre de la défense Ehud Barak, qu’est venue la critique. Le cabinet du ministre s’est fendu d’un communiqué regrettant « un projet… qui perturbe des négociations du plus haut intérêt pour Israël ». Le projet en question c’est l’annonce, la veille de la construction de 1 600 nouveaux logements pour les colons dans Jérusalem-est. Quelques jours plus tôt un chantier de 160 habitations avait été annoncé près de Bethléem, en Cisjordanie… Et pendant ce temps, l’émissaire de Barack Obama, George Mitchell, tente de convaincre les Palestiniens de reprendre des discussions de paix « indirectes » avec le gouvernement Israélien, suite à la rupture des négociations, à cause… de la relance de la colonisation. George Mitchell, qui a pourtant l’habitude des négociations impossibles, puisqu’il fut médiateur en Irlande du Nord, doit s’arracher les cheveux. A chaque fois qu’il parvient à faire avancer le leader palestinien Mahmoud Abbas d’un centimètre vers la table de discussions, Benjamin Netanyahu allume un nouvel incendie. La semaine précédente, c’est l’affaire du tombeau de Rachel qui avait miné les efforts de l’émissaire américain. Israël avait décidé d’inscrire à son patrimoine, deux lieux de culte situés au milieu des territoires occupés donc potentiellement dans le futur état palestinien. Tout cela ressemble fort à une stratégie visant à mettre le président Palestinien en porte à faux. Comme si l’on voulait le discréditer auprès de son peuple, en faisant passer sa volonté de négocier pour un aveu de faiblesse. Il y a quelques mois Mahmoud Abbas avait menacé de démissionner écœuré de voir Hillary Clinton soutenir le projet de gel temporaire et partiel de la colonisation proposé par Netanyahu, et même pas respecté. Alors à qui profitent ces humiliations à répétition de l’autorité palestinienne ? Au Hamas bien sûr ! Qui prouve à ses concitoyens, avec l’aide du gouvernement israélien, que ceux qui veulent négocier avec l’ennemi se font rouler dans la farine… Évidemment l’Amérique d’Obama réprouve cette politique du pire, et le vice-président Biden l’a fait savoir, paraît-il, en… arrivant au dîner officiel en son honneur avec 90 minutes de retard ! Mais qui donc veut vraiment la paix en Palestine ?
Auteur : Michel Lépinay
Article paru le : 11 mars 2010
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