L’affaire de l’Epad pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase de la contestation.
Le témoignage de Pierre-Adrien Babeau recueilli par l’Humanité.
Trop, c’est trop : les députés UMP grondent. Ils ne sont les seuls dans le parti présidentiel. Le plus surprenant est qu’ils font eux-mêmes un lien entre les décisions du président, comme dans l’affaire de l’élection à la tête de l’Epad de son fils Jean, et les gros dossiers économiques, fiscaux et financiers. Les villepinistes ne sont pas en reste. Plus significative du climat dans le parti présidentiel dans les Hauts-de-Seine, la réaction d’un jeune élu de Neuilly. Pierre-Adrien Babeau, vingt-sept ans, est maire adjoint UMP. Il se dit « forcément interpellé » par l’affaire et confie volontiers son « avis de bon sens ». Selon lui, ni l’âge ni le patronyme du fils Sarkozy – qu’il avoue ne voir que rarement depuis leur élection lors des dernières municipales – ne sont en cause. Mais, insiste-t-il, il n’a « ni compétences ni expérience de gestion d’entreprise pour s’occuper du premier parc européen d’affaires ». Au-delà, il y voit « un mauvais signal en direction des jeunes qui souhaitent entrer dans l’action politique. Ils auront l’impression qu’il faut être fils de ». Même « mauvais signal pour les jeunes qui travaillent dur pour obtenir des diplômes ». En tant qu’UMP, il voit bien les efforts de son camp, depuis vingt-quatre heures, pour tenter de réagir à « l’unisson », en dénonçant une entreprise de la gauche. Or Pierre-Adrien Babeau regrette « ce clivage gauche-droite » artificiel, car, estime-t-il, « ce n’est pas la gauche qui nourrit la polémique mais l’opinion publique qui est agacée ». Le maire adjoint stigmatise, quant à lui, « un double langage du président de la République ». Et se lamente : « L’Epad est le navire amiral économique et financier de la France. Pour le diriger, il faut une vraie vision. Quel discours Jean Sarkozy pourra-t-il tenir face aux capitaines d’industries chinois ? » Même inquiétude exprimée par Arlette Grosskost à l’Assemblée nationale, députée UMP bon teint du Haut-Rhin. De retour de sa circonscription, elle explique : « On en a pris plein la tête ! Mitterrand, Sarkozy… Les gens m’ont interpellée en disant avoir voté Sarkozy mais se demandent s’ils ont bien fait. » Murmure : « Le pire est qu’on est infoutu de répondre. »
Laisser un commentaire