Hommage à Michel BUSSY.

Hommage à Michel BUSSY.

Michel nous a quitté. Nous lui devons beaucoup et c’est un honneur pour moi, dira Maryvonne RIOUAL, d’avoir pu, au nom de tous, lui rendre hommage aujourd’hui.
Au nom de tous les amis et camarades présents ou empêchés, je veux vous dire que notre peine est grande comme sont grands l’amitié et le respect que nous lui portions.
Oui avec lui, nous perdons un ami, un camarade, et notre peine est profonde.

Né le 13 novembre 1938 à Gonfreville l’Orcher d’un père docker, il était l’aîné d’une famille de dix enfants installée pendant de longues années dans les baraquements du camp Marcel Gondouin.
A l’âge de 13 ans il est accueilli au domicile d’Yvonne Garelli (- Pour les plus anciens d’entre nous, nous nous souvenons de cette figure de militante communiste longtemps élue au conseil municipal de Gonfreville -) Elle l’accueille et l’élève comme son fils et Michel très tôt participe aux activités de sa nouvelle maison. Il adhère à 13 ans à la jeunesse communiste (l’UJRF à l’époque).
Avec Yvonne, il diffuse « Heures Claires » et « L’HUMANITE DIMANCHE ». Les musettes étaient lourdes pour l’adolescent qu’il était. Il gardera toute sa vie un attachement fidèle, une adhésion sans faille à l’idéal communiste de sa jeunesse et le portera haut toute sa vie durant.
Scolarisé, il obtient un CAP de chaudronnerie et il travaillera successivement chez Caillard, comme métallo, chez Rosay, où il fabriquera une quantité de balcons pour équiper toutes les nouvelles constructions d’après guerre.
Il sera même un temps maréchal ferrant et aussi agent d’enquête à la mairie de Gonfreville.
En 1958, il est appelé au service militaire qu’il effectue en Allemagne. Rétif à la discipline militaire, soutien de famille, il est réformé au prétexte d’un problème de vue, ceci lui évitera de partir en Algérie.
En 1962, il devient docker comme son père. 1962-1963, Michel rencontre l’amour de sa vie, il épouse Thérèse le 13 avril 1963.
C’est à cette époque qu’à l’occasion des initiatives des jeunes communistes, nous rencontrons Michel et Thérèse, Roland et Yvette Ricouard, Jean-pierre et moi, fraîchement débarqués au Havre. Ils auront été pour nous, nos premiers contacts, nos premières amitiés dans cette grande ville que nous découvrions.
Michel homme sensible, pudique, attentif à la vie, aux difficultés des gens, mène parallèlement sa vie professionnelle et militante au Havre et c’est tout naturellement qu’en 1977, le parti le sollicite pour constituer la liste d’union conduite par notre camarade André DUROMEA aux élections municipales.
Au conseil municipal, fidèle à sa classe, celle des travailleurs, fidèle à son métier, à son syndicat, à sa corporation qui constitue aujourd’hui encore l’âme de notre ville, sa voix s’élèvera souvent pour soutenir leurs luttes pour la défense des acquis, pour de nouveaux droits, de nouvelles conquêtes et une plus grande justice sociale.
Ses qualités sont largement mises à profit dans sa responsabilité d’élu. Il sera d’une disponibilité exemplaire et nouera des amitiés avec les membres des associations auprès desquelles il était appelé à représenter le maire. Je ne peux m’empêcher d’évoquer en particulier à l’association l’Accordéon – Club de Sanvic.
Assemblées générales, repas, sorties d’anciens, réunions en tout genre… jamais nous ne l’avons entendu récriminer ou se plaindre. Il se savait investi d’une responsabilité et l’accomplissait avec sérieux et dans la sérénité.
Auprès des obligations, il faisait aussi des choix de cœur. Il en est ainsi de son engagement à FRANCE URSS, aujourd’hui devenue l’association des amis des peuples de Russie, dont Pierre a parlé avec chaleur.
Il accomplira trois mandats jusqu’en 1995. Installé avec sa famille allée de Joliette au Mont Gaillard, la maisonnée a vécu au rythme de ses activités militantes :

  • distribution de tracts,
  • tournées d’affichage,
  • montage des fêtes de l’Huma à Montgeon,
  • confection et vente des brins de muguet du 1er mai,
  • vente de l’humanité dimanche,
  • porte à porte,

l’ordinaire en quelque sorte pour un militant communiste, ordinaire partagé avec Daniel et Barbara Paul, Roland Ferrand, Nathalie Nail, François Hauchecorne, et bien d’autres, leur action conjuguée, les liens sociaux qu’ils ont su nouer avec les gens, avec les différentes associations, ont fait que ce quartier tout neuf s’est trouvé rapidement intégré à la ville et est devenu un quartier à part entière au même titre que les quartiers plus anciens historiquement.
Si l’activité militante de Michel a évidemment pesé sur sa vie familiale, il ne l’a pas pour autant négligée et chez les Bussy la convivialité familiale n’est pas un vain mot. On sait se rassembler, on a plaisir à le faire, on sait s’amuser et rire ensemble. Michel attachait un grand prix à cette chaleur que lui apportait sa fratrie, ainsi que celle de Thérèse, et je conçois l’immensité de leur chagrin aujourd’hui.
Michel est parti victime de l’amiante, il a mené un combat farouche pour que soit reconnue et combattue cette maladie professionnelle.
Maud a évoqué son engagement total au sein de l’ADDEVA, et nous avons vu avec douleur au fil des mois et des semaines la maladie progresser sournoisement en lui. Jusqu’au bout, il se sera préoccupé des victimes de l’amiante, de leurs familles, de leur défense, et je peux dire jusqu’à son dernier souffle de vie.
Nous lui devons beaucoup et c’est un honneur pour moi d’avoir pu, au nom de tous, lui rendre hommage aujourd’hui.

  • à Thérèse, sa femme aimante, amie fidèle, attentive, compréhensive, camarade solidaire de tous ses combats,
  • à Valérie,
  • à Claire, sa fille qui garde au cœur toutes les valeurs qui ont fondé la vie de son père tant aimé,
  • à Romuald, son gendre,
  • à Oscar et Eliot, ses petits enfants,
  • à tous ses frères, ses sœurs, beaux frères, belles sœurs,
  • aux familles qui lui étaient liées,

Au nom de tous les amis et camarades présents ou empêchés, je veux vous dire que notre peine est grande comme sont grands l’amitié et le respect que nous lui portions.

Maryvonne Rioual, le 16 février 2009

Michel Barrier

2 commentaires

Martine Publié le18 h 13 min - 18 février 2009

Ce discours évoque bien Michel Bussy et je remercie Maryvonne de l’avoir prononcé. C’est tout une époque de notre vie qui disparaît avec lui.

claude Publié le14 h 33 min - 19 avril 2009

je viens d’apprendre par ce site le décés de Michel. J’en éprouve une grande peine et je présente mes condoléances à sa famille et tous ses proches. J’étais un ami d’enfance et de communale de Michel. Nous étions ensemble au cercle Alban Liechti et nous avons partagé bien des souvenirs d’affichages et de vente de  » L’Avant-Garde « .Je gardais des liens avec lui par téléphone, bien que rarement. La dernière fois,il m’avait dit qu’il venait de terminer le traitement du mal qui l’a finalement terrassé. J’apporte une précision sur la personne qui l’a motivé pour son militantisme: il s’agissait de Mme Kerbra qui habitait près de chez lui,voisine de baraquement de la famille Levesque; je suis un témoin journalier de cette époque: Ils avaient de longues discutions et Michel a commencé à militer.Mme Garelli est arrivée au 2éme camp aprés et leur rencontre s’est faite alors que Michel était déjà déterminé dans son choix. C’est alors que nous avons créé notre cercle,dont il était président et moi trésorier. Ces précisions sont pour apporter à Mme Kerbra l’hommage et le mérite qui lui est dû . Merci à Maryvonne, que j’ai peut-ètre connue, pour ce beau témoignage à Michel

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