La France est -elle en récession?

La France est -elle en récession?

Selon Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP, nous sommes dans un passage récessif avec une croissance molle… » c’est une certaine façon d’annoncer la couleur. L’euro qui était à 1,46 dollard la semaine passée est tombé à 1,38 vendredi dernier;et selon les chiffres officiels, la zone euro ne devrait pas croître de plus de 1% en 2009. 77% des français imputent la responsabilité la crise financière au capitalisme. Ils ont raison.
Pour l’économiste Pierre Ivorra, c’est l’expression de la contradiction entre l’insuffisance des moyens accordés au développement humain et l’énorme accumulation financière et spéculative réalisée à l’échelle mondiale.Des changements importants sont nécessaires, et le budget de l’Etat pour 2009 semble fait pour accentuer le recul prévu de la croissance.Le parti socialiste réclame des mesures de relance; certes mais pour relancer quoi???, la croissance financière et aider par exemple EDF à racheter

un autre grand de l’énergie après avoir absorbé Britsh Energy?Au niveau du crédit bancaire, ce n’est aps qu’un problème de quantité à délivrer….il s’agit de faire prévaloir des exigences sur lanautres de ces crédits, leur objet, leur objectif afin de favoriser plutôt l’investissement, la production, la recherche, la formation, que la rentabilité financière.C’est une question cruciale pour éteindre l’incendie…

Michel Barrier

1 commentaire pour l’instant

Jean-Pierre BRARD Publié le14 h 42 min - 12 octobre 2008

D’après Nicolas SARKOZY et madame LAGARDE, on pourrait croire que la crise est récente et d’une ampleur inattendue. Cela est faux : dés le 8 février 2007, la banque HSBC inscrivait dans ses comptes une provision de 10 milliards de dollars pour créances immobilières douteuses, parce que le risque était majeur et évident.
A la même époque, le candidat Nicolas SARKOZY annonçait que les ménages français étant les moins endettés d’Europe, il fallait développer le crédit hypothécaire pour les ménages. Son programme précisait: « Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué ». N SARKOZY avait découvert les subprimes à la française et voulait les généraliser au plus vite!
N’ayant mesuré ni l’ampleur ni la gravité de la crise, le Président et son gouvernement ont additionné les cadeaux fiscaux pour les ménages les plus riches, en particulier dans le paquet fiscal de l’été 2007. Les quinze milliards d’euros que coûte ce paquet fiscal, plombent nos finances publiques.
L’Union européenne, paralysée par ses dogmes libéraux, dont celui de la concurrence libre et non faussée, est impuissante dans une situation où l’action publique est décisive, et elle se garde bien de s’attaquer aux paradis fiscaux ou bancaires qui prospèrent en son sein, ou à ses frontières.
La crise du système financier se propage à l’ensemble de l’économie. Dans votre pays modèle, les Etats-Unis, des millions de famille perdent leur logement, leurs économies, leurs retraites, leurs emplois. La récession économique s’est installée dans plusieurs pays, le chômage repart à la hausse, le pouvoir d’achat est en berne et la France est sévèrement touchée, car aucune mesure préventive significative n’a été mise en place pour protéger nos compatriotes.
Devant l’ampleur de la crise, plusieurs Etats, en premier lieu les Etats-Unis, ont mis en place des dispositifs de socialisation des pertes, alors que les profits antérieurs ont été empochés par les actionnaires.
Le discours de Nicolas SARKOZY à Toulon vient très tard, puisque trois mois de présidence française ont été perdus, et il oppose artificiellement capitalisme financier et capitalisme entrepreneurial, alors que la recherche des taux de profit de plus de 10% est générale. Ses amis du monde des affaires auraient ils oublié de lui en parler, au bar du Fouquet’s ou sur leurs yachts?
Il faut définir des objectifs clairs. Il faut cesser de se focaliser sur la recherche de taux de profit à deux chiffres, cesser de laisser prospérer cette gangrène que sont les paradis fiscaux et bancaires, repaires des spéculations, et du blanchiment de l’argent sale. Nous devons axer résolument le nouveau système sur la satisfaction des besoins humains et la préservation de la planète.
Il est urgent de mettre fin au scandale des parachutes dorés (après les mouvements de menton indignés à Toulon, Nicolas SARKOZY a renoncé à une loi pour ne pas déplaire à ses amis),mettre un terme aux retraites chapeau, golden hello et stock-options pour les dirigeants et les plus gros salaires. C’est une action de moralisation et d’assainissement. La puissance publique doit reprendre l’initiative rapidement et rompre avec les mécanismes qui ont provoqué la crise: la spéculation financière qui n’a qu’une logique, celle des gros actionnaires, mais qui est déconnectée de l’économie réelle et qui la détruit, comme actuellement. La nationalisation, notamment des banques et des établissements financiers, est un moyen d’action dont il ne faut pas se priver en France.
Que faire pour protéger nos concitoyens de la tourmente et restaurer durablement le fonctionnement de l’économie et du secteur financier?
Il faut tout d’abord fermer les bourses, durant une semaine au moins, pour calmer le jeu et que les instances politiques reprennent la main en dehors de la pression des marchés, mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne et des banques centrales pour les soumettre aux orientations politiques des autorités démocratiques élues par les peuples. L’organisation d’un nouveau dispositif financier international, du type Bretton Woods, sous la houlette de l’ONU, doit être engagée sans tarder.
Un pôle financier public et semi-public, avec notamment la Caisse des dépôts, La Banque postale, la Caisse nationale de prévoyance doit être créé et chargé de soutenir l’investissement productif créateur d’emplois et de servir l’intérêt général. Ce pôle pourra se renforcer avec des établissements financiers en difficulté rachetés par l’Etat, en garantissant les dépôts jusqu’à 500 000 euros. Il aura, notamment, pour mission de garantir l’accès à des crédits à faible taux pour permettre aux entreprises de développer la recherche, l’emploi et l’investissement productif.
Les participations de l’Etat dans les entreprises doivent être gérées par une agence, avec la définition transparente d’une politique de l’Etat actionnaire conforme à l’intérêt national, et cela sous le contrôle régulier du Parlement, avec un débat public annuel dans chaque assemblée, suivi d’un vote. L’Etat ou le pôle financier public devra monter dans le capital des entreprises où existent déjà des participations publiques pour atteindre la minorité de blocage (Air France, Renault…). Nous proposons aussi d’interdire pendant cinq ans la vente de participations de l’Etat au capital des entreprises. Il faut cesser immédiatement les privatisations qui ne feront qu’alimenter des opérations spéculatives stériles (La Poste, EDF, la SNCF…).
Il faut réhabiliter l’impôt juste à l’inverse de la TVA par exemple.
Un plan de relance de l’emploi doit être lancé et financé par une contribution exceptionnelle sur les ménages les plus riches, et par la suppression des niches fiscales et sociales bénéficiant aux entreprises. Dans le même temps, il faut rétablir la progressivité de l’impôt, élargir l’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune , supprimer le bouclier fiscal et créer un impôt exceptionnel sur les bénéfices des compagnies pétrolières.
Le coût des licenciements et des suppressions d’emploi destinés à augmenter le taux de profit ou le cours en Bourse doit être intégralement supporté par les actionnaires à l’exclusion, notamment de toute aide publique.
Les fonds de l’épargne réglementée inutilisés doivent être mobilisés pour lancer un programme exceptionnel de 250 000 logements sociaux par an sur cinq ans, y compris d’accession sociale à la propriété, pour les catégories modestes et moyennes, financé par des prêts à 2% pour une durée pouvant aller jusqu’à 40 ans.
Mais on ne saurait relancer l’économie sans augmenter les salaires, notamment le SMIC pour le porter à 1500 euros nets en deux ans avec une première étape immédiate à 1 300 euros, et donner ainsi du pouvoir d’achat aux salariés. De la même manière les retraites et les minima sociaux doivent être sensiblement revalorisés.
Vos remèdes sont cautère sur jambe de bois. Nos propositions sont des propositions de rupture qui libèrent les Français du jeu et du risque spéculatif des actionnaires. Elles réhabilitent l’intervention publique pour un système financier et économique au service des hommes et non le contraire. Elles ouvrent de nouvelles perspectives à l’Europe.
Jean-Pierre BRARD
Député communiste et républicain
Département de Seine-Saint-Denis
Groupe de la gauche démocrate et républicaine