Daniel Cohn-Bendit ;Nicolas Sarkozy ;Olivier Besancenot ,;Michel Drucker…. la chronique de François Taillandier dans l’huma du 3 juillet titrée :
« Ce qu’on devient… »
Quand j’étais petit, j’entendais quelquefois les vieux se lamenter sur les petites misères de l’âge et soupirer avec fatalisme : « Ah là là… Ce qu’on devient ! » L’expression s’est représentée à ma mémoire en lisant je ne sais où que Daniel Cohn-Bendit était partisan de « punir » l’Irlande après son refus du traité de Lisbonne.Cohn-Bendit voulant punir ! N’en dites pas plus ! La commémoration de Mai 68 était bien finie. Au reste, c’est le même Cohn-Bendit qui a publié un livre intitulé Forget 68 : oubliez Mai 68. Mais, à ce stade-là, mon pauvre Dany, c’est carrément un début d’Alzheimer.
« Ce qu’on devient… »
L’émouvante formule, du coup, s’est chargée de sens, a pris les allures d’un sésame. L’actualité fourmille de gens qui « deviennent » ce qu’on n’aurait jamais cru qu’ils deviendraient. Comme si un diable se chargeait, l’air de rien, d’inverser les rôles et les masques.
Ainsi voit-on le président Sarkozy plaider pour une télé publique sans publicité, offrant du culturel, du vrai, du bon, du chouette. Sarko contre la pub ! L’hôpital se foutant de la charité. Bon, je ne suis pas naïf et je sais très bien pour quelles raisons cette initiative provoque un émoi certain.
Mais enfin tout de même ! N’est-il pas permis de penser que si elle était venue d’un gouvernement de gauche, elle eût rallié les suffrages de beaucoup de ceux qui poussent les hauts cris ?
Pendant ce temps-là, Olivier Besancenot, valeureux leader des masses laborieuses, camarade dirigeant de la révolution relookée, file ventre à terre chez Michel Drucker et fait exploser l’audimat. C’est bon, ça, l’anticapitalisme ! L’annonceur en bave de désir. La régie fait monter les tarifs. Il va y avoir du cerveau disponible, comme disait Le Lay. Le yaourt amaigrissant se sent pousser des ailes, la barquette congelée se met à cuire toute seule. Le facteur de Neuilly (tout un symbole !) est reçu par l’animateur qu’on pouvait voir, naguère, faisant du vélo avec son ami Nicolas. « Lèche-bottes blues… C’est fou ce qu’on s’aime », chantait Eddy Mitchell. Eh bien, ils s’aiment. Et Nicolas aussi adore Olivier. Il fera tout ce qu’il pourra pour l’aider. Juré, craché. Alors Michel donne un coup de main.
Sinon, ce ne serait pas la peine d’avoir des amis. Avec ces trois-là, la révolution est bien partie. Ah, là là. Ce qu’on devient…………… Et si vite.
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