Il est irresponsable de claironner que ce qui s’est passé à Villiers le Bel n’a rien à voir avec une crise social.
Il y a cinq ans, pour se frayer un chemin vers L’Élysée, Nicolas Sarkozy parlait d’utiliser le « Karcher » contre les « racailles » et versait des larmes de crocodiles sur la situation des banlieues. Mettant le feu aux poudres lors des émeutes urbaines de l’hiver 2005, il parlait de « plan Marshall » pour les banlieues. Deux ans plus tard, ce « plan Marshall » n’a toujours pas vu le jour.et voilà qu’on nous annonce un « plan anti-glandouille »….
Deux jeunes gens ont perdu la vie à Villiers le Bel, dans le Val d’Oise, dans des circonstances dramatiques qui ont entraîné, de nouveau, une spirale d’affrontements entre jeunes et policiers, des violences contre des personnes, des biens, des équipements publics que rien ne peut justifier.
Une fois encore, une fois de trop, ces violences sont le produit des mêmes causes révoltantes : souffrance sociale, discriminations, misère, situation d’impasse et tant de dignités humaines bafouées.
Six millions d’hommes, de femmes, de jeunes et d’enfants vivent dans des territoires de notre pays où l’égalité des droits sociaux, humains n’est pas de mise. Dans ces villes, qui sont « nos » villes, les habitants ne demandent pas de la « chance » mais le droit à des conditions de vie normales.Aussi, il est irresponsable de claironner que ce qui s’est passé à Villiers le Bel n’a rien à voir avec une crise sociale. Et pourtant ce sont les mots mêmes du Président de la république, dénonçant « les bandes d’enragés, la voyoucratie » et pour faire bonne figure déclarant que « la situation des banlieues est un enjeu majeur de notre pays ».
Il y a cinq ans, pour se frayer un chemin vers l’Elysée, Nicolas Sarkozy parlait d’utiliser le « Karcher » contre les « racailles » et versait des larmes de crocodiles sur la situation des banlieues. Mettant le feu aux poudres lors des émeutes urbaines de l’hiver 2005, il parlait de « plan Marshall » pour les banlieues. Deux ans plus tard, ce « plan Marshall » n’a toujours pas vu le jour. On nous annonce un « plan anti-glandouille » qui sera dévoilé en janvier où l’on « va donner plus à ceux qui veulent s’en sortir honnêtement ». Un énième plan de division des habitants entre bons et mauvais dans la veine du mensonge « travailler plus pour gagner plus », comme s’il ne devait exister comme solution que le mérite individuel.
En réalité, aucune leçon n’a été tirée de l’embrasement de 2005, ni des incidents précédents.
Rien n’est réglé depuis. Sarkozy poursuit sa politique sans grand changement. Avec lui, tout est possible pour les riches et rien ne doit bouger pour les banlieues où seul le miroir de s’en sortir honnêtement est brandi.
Cette politique a un objectif : maintenir les banlieues dans l’impasse pour mieux agiter le chiffon sécuritaire. Lorsqu’elles toussent, la France s’enrhume ! Elles sont les victimes de cette société capitaliste où les dividendes sont plus importants que les hommes. Pour les élus communistes et républicains, c’est une toute autre direction qu’il faut prendre : agir inlassablement contre les inégalités sociales et territoriales, être solidaire des villes, des cités qui doivent enfin obtenir réparation, considérer les jeunes, les habitants comme l’avenir et non comme un problème.
Pour les élus communistes et républicains, parmi d’autres mesures immédiates, l’efficacité serait :
- Écouter vraiment tous les jeunes des banlieues, les respecter, construire avec eux leurs projets de vie, contribuer à leur réussite scolaire et professionnelle en dégageant des moyens massifs dans l’éducation ;
- Mettre en avant la création, le travail, le désir d’entreprendre, la culture, les talents et les atouts formidable de ces territoires ;
- Cesser les amalgames honteux entre violences et immigration, les chasses aux sans-papiers et reconnaître enfin le droit de vote aux ressortissants étrangers, comme l’estime juste plus de 70 % des citoyens ;
- Sanctionner les maires délinquants qui refusent d’appliquer la loi SRU dans leurs villes. A quand le bâton pour les voyous du logement social ?
Mettre en œuvre une vraie solidarité nationale, une vraie solidarité entre les territoires afin de résorber les fractures urbaines et sociales qui minent notre société doivent s’imposer.
Il faut placer, au cœur de ces solidarités, le développement et la promotion des services publics, une sécurité d’emploi et de formation, l’accès au logement et à la santé, une école de la réussite exemplaire de démocratie et de laïcité, des transports accessibles et modernes, un environnement durable, une citoyenneté réelle.
Il faut stopper l’étranglement financier des villes et particulièrement des communes de banlieue les plus pauvres ! Au lieu de couper leurs vivres comme le poursuit le projet de loi de finances 2008, le gouvernement doit donner du souffle à leurs finances, par exemple en valorisation leurs recettes de DGF et de DSU.
Enfin, peut être mise en œuvre notre proposition de taxer les actifs financiers. L’application d’un taux ( très modeste ! ) de 0,5 % rapporterait 15 à 20 milliards d’euros, redistribués solidairement entre les communes pour répondre aux besoins des populations. Seule une telle politique volontariste et globale permettra de désenclaver ces territoires aujourd’hui maintenus à l’abandon et de résoudre les problèmes sociaux qui sont à la racine de la désespérance des jeunes !
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