Marie George BUFFET qui fut ministre des sports et de la jeunesse, avait alors (en 1998)engagé une lutte acharnée( on pourrait dire seule contre tous), ce travail est poursuivi par ses successeurs qui sont,comme c’est bizarre,bien silencieux(euses) sur ce grave sujet. Explication sur ces dérives qui mettent en jeu la santé des sportifs, les médias nous parlent beaucoup des conséquences et des « tricheurs », et si on parlait maintenant des causes et des initiateurs, ceux qui pressurent les sportifs qui les acculent à utiliser des produits pour de meilleures performances, et s’assurer ainsi de gros retours financiers publicitaires?

Après l’exclusion de Vinokourov, de Moreni, et le départ de Rasmussen à la demande des sponsors : le tour de France a encore connu une de ses journées noires. Est ce la fin d’une longue série initiée en 1998 ? Malheureusement je n’en suis pas certaine. La prise de conscience symboliquement marquée par certains coureurs du tour, montre que l’exaspération d’aujourd’hui porte sur le dopage, et non plus, comme en 1998 où le sit-in dénonçait les perquisitions à la demande de la justice et la traque des journalistes.
Car il ne s’agit pas seulement de la « triche » il s’agit aussi et surtout de la santé des sportifs. Combien j’aurais aimé alors, que les sportifs eux-mêmes, réagissent à ce traitement infamant que certains leur font subir. J’aimerais aussi que ceux qui sont à l’affût du résultat pour le résultat, de la performance pour la performance, les sponsors, certains médias et les annonceurs publicitaires aient un peu de décence. Ce sont eux qui pressurent les sportifs qui les acculent à utiliser des produits qui accroissent leurs performances.
Bien sûr, il faut contrôler, réprimer si nécessaire mais il faut d’abord prévenir les plus jeunes et les amateurs, leur parler des conséquences d’une maltraitance quotidienne de son corps. Le cyclisme est-il le sport le plus touché ? Ce n’est pas certain. Il est à coup sur le sport le plus exposé dans ce domaine. J’aimerais que toutes les fédérations internationales aient les mêmes exigences à l’égard de leurs sportifs et de leur encadrement. C’est le rythme infernal des compétitions et la course au profit publicitaire autour du sport qui accroît ces dérives.
Alors cessons de ne parler que des conséquences et parlons des causes.
Je suis fière d’avoir contribuée à asseoir une vraie politique de lutte contre le dopage en France, d’avoir commencé à donner des moyens importants au laboratoire de Châtenay, et d’avoir initié le suivi longitudinal des sportifs. Je remarque que mes successeurs n’ont pas démoli ce qui avait été construit. Je note pourtant que les ministres successifs se sont peu exprimés sur le sujet.
L’Agence mondiale antidopage, le code mondial existent, c’est une bonne chose même s’il faut encore les perfectionner. Des docteurs Jekylls sont encore tapis dans l’ombre se servant des sportifs comme de cobayes. Il faut libérer les sportifs de ce carcan, il faut qu’ils témoignent, et ainsi ils auront le soutien du public qui, lui, peut accepter que les compétitions se déroulent à un rythme moins effréné.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF
Ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports