La Commission européenne vient de prendre la décision de suspendre l’aide directe européenne au gouvernement palestinien. J’élève la plus vive protestation contre cette décision aussi injuste qu’ irresponsable.
Je me demande ce que cherche la Commission européenne par cette décision ? Punir le peuple palestinien pour ses choix électoraux ? Ajouter à l’extrême dénuement des Palestiniens, un surcroît de privations et de souffrances? Mais n’est-ce pas précisément l’injustice qui leur est faite, la politique du « deux poids, deux mesures » qui ne cesse de les accabler qui a conduit une majorité d’entre eux à élire majoritairement les candidats du Hamas. Je ne partage nullement les positions de cette formation mais le choix démocratique doit être respecté. Tous les efforts doivent être faits pour les convaincre de reconnaître le droit à l’existence et à vivre dans la sécurité du peuple israélien et à renoncer aux actions terroristes. Il faut aussi que l’Etat israélien reprenne le processus de négociation pour la libération des territoires occupés, la mise en œuvre de la feuille de route, et cesse ses raids meurtriers contre les populations palestiniennes. Le gouvernement français doit jouer un rôle actif pour avancer dans cette voie. Dans l’immédiat, il doit agir pour le maintien de toutes les aides à la Palestine qui en a un besoin vital. Pour s’en convaincre, un rapport de la Banque mondiale du 15 mars 2006 donne quelques précisions : en 2005, l’aide internationale s’est élevée à 1,3 milliards de dollars, soit 22 % du revenu global palestinien. 62 % de ce total représentent de l’aide budgétaire et de l’aide au développement. On ne peut substituer à cela de l’aide humanitaire comme le proposent ceux qui suggèrent que l’aide aux Palestiniens passe maintenant par les ONG humanitaires seulement. La Banque souligne les conséquences d’une politique de suspension de l’aide et des transferts : une « profonde dépression », un chômage à 47% et une pauvreté qui frapperait 74 % de la population palestinienne en 2008 ! Le gouvernement français est devant ses responsabilités. Il doit agir pour le maintien de toutes les aides à la Palestine. Celles-ci sont cruciales pour la vie des Palestiniens mais aussi pour favoriser le recul des tensions et les chances d’un retour sur le chemin du dialogue et de la paix.
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