La « réorganisation » mise en œuvre par la direction de la Poste, anticipation du projet de loi de « régulation postale », constitue un véritable démantèlement, prélude à l’ouverture à la concurrence et à la privatisation de la distribution du courrier. A l’initiative du groupe communiste, le Conseil Général de Seine-Maritime a fermement pris position contre ce projet qu’il considère comme étant une atteinte au Service Public.
Lors de la réunion de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale qui s’est tenue le 24 février 2005, Michel Barrier a réitéré sa demande d’y voir associés les syndicats de postiers et les représentants des usagers et il a renouvelé son opposition aux fermetures de bureaux et aux suppressions d’emplois.
Ci-dessous, le texte de sa déclaration :

Réunion de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale.

Vous n’ignorez pas que le Département de Seine-Maritime, lors d’une récente séance, s’est déclaré, comme nombre d’autres départements, zone non AGCS, c’est-à-dire opposé à toute forme de privatisation du secteur public.

Ce pourrait être une déclaration d’opportunité ou d’intention, c’est en fait une déclaration d’objectif, de prise de position, qui implique l’intervention et l’action.

Aussi, je voudrais vous faire part de mon sentiment, de mes remarques sur les points à l’ordre du jour de notre réunion, et plus particulièrement sur la situation postale de la Seine-Maritime.

Sur le Règlement Intérieur, il me semble que sa composition devrait intégrer des représentants des salariés et personnels de la Poste par le biais de leurs syndicats ainsi que des représentants des usagers.

Notre commission doit être informée de toute évolution du réseau des points de contact, et pas seulement quand il y a une évolution « significative » de leur modalité et de leur présence. Je propose donc que soit supprimée la deuxième ligne de l’article 5.

De même, le deuxième paragraphe de l’article 6 présente l’objectif affirmé de la privatisation baptisée « modernisation du réseau » en ouvrant la possibilité de partenariat à des acteurs privés. Je serai donc pour la suppression de ce deuxième paragraphe.

Sur le questionnaire satisfaction, plusieurs questions se posent.

Quelle valeur y apporter ? Quelles conclusions en tirer ?

Les choix faits des deux Points Poste, Ferrières en Bray et Héricourt en Caux, ne préjugent ils pas, à priori, des résultats qui sont favorables à ce type de concept ?

En effet, comparer un bureau (Héricourt en Caux) ouvert 2 ou 3 jours par semaine avec un commerce ouvert 5 jours, la réponse est évidemment en faveur du second.

Comment, dès lors, les réponses, satisfaction des citoyens, auraient elles pu être différentes ? Ces gens là n’ont plus de possibilités d’aller dans un « vrai » bureau de poste avec toutes ses prérogatives sauf à faire plusieurs kilomètres. Dans ces conditions, ce qui leur est proposé peut évidemment leur rendre service.

En fait, la situation de La Poste, du service qu’elle offre aux citoyens, se dégrade.

Comme l’ensemble des services publics, La Poste est soumise aux lois du marché, à la rentabilité financière. La future loi de régulation postale va totalement dans ce sens.

Anticipant celle-ci, la réorganisation des services de la Poste se traduit par une réduction importante du nombre de préposés dans les villes, et la suppression de bureaux dans les campagnes.

Moins d’agents, cela se traduit, pour les habitants, d’avoir leurs courriers de plus en plus tard, et par exemple, pour La Poste de Saint Etienne du Rouvray, il y a quelques 30 000 plis en attente de distribution.

On s’éloigne de plus en plus du courrier distribué le lendemain !

Autre exemple, que j’ai personnellement vécu : Je n’ai reçu la convocation de notre dernière réunion que le lendemain de celle-ci (courrier en recommandé, daté et posté le 18 novembre, reçu le 23 pour réunion du 22 !).

Comme je l’ai fait remarquer dans un courrier adressé à Monsieur RHEE, cet « incident », renouvelé trop souvent est particulièrement révélateur des dysfonctionnements qui affectent le service de La Poste.

Après avoir laissé le service public postal (grand public et courrier) se dégrader, il est aujourd’hui proposé de privatiser ce service, ce qui doit apparaître comme la seule solution.

Cette solution « miracle » se traduirait, pour cause de rentabilité, par la fermeture de 5 000 bureaux pour l’ensemble du pays, par le recrutement de contractuels, payés 30% en moins et sans garanties d’emplois, à la place de fonctionnaires qualifiés.

Elle ira aussi vers une prise en charge de bureaux de poste par les mairies en zones rurales, déjà touchées par les conséquences financières de l’acte II de la décentralisation, qui se traduira par un double paiement par les citoyens, ce qui me parait inacceptable.

Je pense qu’une autre logique doit prévaloir à la Poste comme dans tout service public, une logique qui prenne, avant tout, en compte l’intérêt du citoyen.

J’ai bien conscience que la situation de La Poste est dictée par des orientations politiques du Gouvernement actuel qui intègre une politique libérale.

C’est ce contre quoi pour ma part je me positionne, j’agis, avec les citoyens et les salariés.