Les dispositifs mis en place sont politiquement liberticides et, sur certains points, encore pires que la législation américaine. Un exemple : les policiers français n’auront pas besoin de demander l’autorisation des opérateurs Internet pour piocher dans leur base de données…
Et dans les détails, on trouve bien d’autres choses inquiétantes. Ainsi, retirer le délit de racisme de la loi sur la presse pour le glisser dans le Code pénal constitue une atteinte dangereuse à ce texte fondateur de la liberté d’expression, sans favoriser en quoi que ce soit la lutte contre le racisme. Enfin, il y a la brutalité avec laquelle le gouvernement tente de faire passer ce texte. Victor Hugo disait: « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. »
En faisant passer cette loi en procédure accélérée, le gouvernement s’inscrit dans une logique que Sarkozy n’aurait pas reniée. Les autorités veulent imposer ce texte coûte que coûte, alors qu’il est contesté par toutes les institutions indépendantes, de la CNCDH à la Cnil, en passant par le Conseil du numérique. Traiter les rares députés qui s’opposent de « frondeurs » terme positif, en réalité revient à vouloir stigmatiser les élus qui veulent faire leur boulot convenablement.
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