Assurance tout fric pour assistés du CAC

Assurance tout fric pour assistés du CAC

Alors que s’organise une campagne de la droite contre les allocataires du RSA et d’autres aides sociales, les grands patrons s’attribuent des revenus pharamineux. Une quarantaine d’entre eux ont empoché en 2010 l’équivalent de ce que touchent 18 300 personnes victimes du chômage et de l’exclusion. Un scandale qui soulève l’indignation. La chasse aux pauvres engagée par l’UMP, la stigmatisation des hommes et des femmes contraints de survivre avec leur RSA, cela les fait rire probablement. Eux, la quarantaine de dirigeants des grands groupes français cotés au CAC 40, se sont fait verser par leur société plus de 100?millions d’euros de rémunérations en 2010. En tête du hit-parade des assistés du sarkozysme caracole Franck Riboud, PDG du géant mondial du yaourt et de l’eau en bouteilles. L’héritier d’Antoine Riboud a touché plus d’un million d’euros de rémunération fixe brute annuelle, auquel il faut ajouter 1,8?million de rémunération variable brut et 3?millions de rémunération pluriannuelle. Si on y inclut divers avantages en nature, dont les voitures de fonction et autres commodités, on atteint la somme pharamineuse de 5,9?millions d’euros par an. Dans le tiercé gagnant, Franck Riboud est talonné par Antonio Belloni, le directeur délégué général de Louis Vuitton-Moët-Hennessy, et par Michel Rollier, patron de Michelin. Le comble est peut-être atteint chez Accor Mais il y a ce qui saute aux yeux et l’argent plus discret. Examinons le cas du patron de Carrefour, Lars Olofsson. En apparence, il n’a touché que 2,6?millions d’euros de rémunération en 2010 mais il faut ajouter 900?000?euros de stock-options et 1,7?million d’euros d’actions gratuites qui lui seront acquises s’il réussit à développer encore le groupe. Ça fait tout de même un pactole de 5,2?millions d’euros. Il faut par ailleurs tout prendre en compte?: les indemnités de départ, celles pour la retraite ou celles en cas de décès pour les ayants droit. Autre exemple?: deux dirigeants du Crédit agricole se font payer le loyer de leur appartement. Lars Olofsson, de Carrefour, perçoit une indemnité de logement de 100?000?euros par an. Le comble est peut-être atteint chez Accor, le groupe qui contrôle les hôtels Ibis et Novotel. L’entreprise a contracté une assurance privée au profit du PDG qui lui assurera sur une période de 24 mois une indemnité en cas de chômage qui pourra s’élever jusqu’à 111?000?euros par an. C’est sûr, il n’aura pas besoin lui d’aller à Pôle emploi?! Si les ministres prenaient le temps de calculer La quarantaine de grands patrons du CAC 40 a perçu en 2010 un total de 102,5?millions d’euros de rémunérations directes. Si les ministres de Nicolas Sarkozy et les dirigeants de l’UMP prenaient le temps de calculer, ils pourraient s’apercevoir que cela représente l’équivalent de l’allocation annuelle perçue par 18?300 personnes bénéficiant du revenu de solidarité active (RSA). Mais pour les cracks du CAC, il ne s’agit là que de leur smic. Il faut ajouter tout ce qu’il est impossible d’évaluer?: les stock-options, les actions qui leur sont généreusement attribuées. Le scandale en l’affaire ne tient cependant pas seulement à l’importance des sommes en jeu mais aussi à l’impact social du mode de rémunération. Depuis quelques années, celui-ci est de plus en plus calé sur la rentabilité financière. Ainsi, chez Axa, l’indicateur retenu pour déterminer le nombre d’actions attribuées aux principaux dirigeants est désormais le résultat opérationnel et le résultat net du groupe par action. Chez Suez Environnement et dans plusieurs autres groupes, l’évolution du cours de l’action est intégrée au calcul. Quel est le sens de cette dérive?? Pour obtenir du bonus, les cracks du CAC sont incités à augmenter les profits de leur groupe en réduisant les coûts, et particulièrement ceux du travail. C’est dire qu’ils doivent tout faire pour comprimer la masse salariale et l’emploi?: freiner les salaires, réduire les effectifs, restructurer, délocaliser. Bref, notamment mettre des gens au chômage, des hommes et des femmes qui peut-être, faute de retrouver un emploi, se retrouveront au RSA.

Michel Barrier

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