L’obstacle à la paix, c’est la colonisation
Les Occidentaux reprochent à Israël le camouflet infligé à Joe Biden, mais ne remettent pas en cause pour autant le processus et n’envisagent pas de sanctions.
L’annonce de la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est par le gouvernement israélien a provoqué un tollé international. Israël a rarement été aussi embarrassé et a dû se confondre en excuses, regrettant que l’annonce ait été faite alors que le vice-président américain, Joe Biden, sortait d’un entretien avec le premier ministre Benyamin Netanyahou. Mais derrière les cris d’orfraie des Européens et des Américains, se cachent une supercherie, en partie dévoilée par les Palestiniens. Qu’a dit Biden? ? Il a « condamné » une démarche qui « sape la confiance » dans le dialogue renaissant avec les Palestiniens. C’est pourtant Washington qui a accepté sans broncher le moratoire israélien sur la colonisation, qui ne concerne pas Jérusalem. La France et les pays européens peuvent être contrits? : il n’empêche qu’en ne prenant aucune mesure (c’est un euphémisme puisque, au contraire, le tapis rouge de l’UE et maintenant celui de l’OCDE sont déroulés devant Tel-Aviv, malgré les manquements aux droits de l’homme et la violation du droit international), ils favorisent l’occupation.
Dans les tiroirs du gouvernement israélien, des dizaines de décisions de construction de logements dans les territoires occupés sont en attente. Les colonies existantes s’étendent sur des zones bien délimitées mais pas toutes construites encore. Les besoins d’expansion naturelle dictent la délivrance des permis de construire. La caractéristique étant que toutes ces colonies, a priori éparses, se touchent sur le plan cadastral et, à terme, concrètement. Ce qui formera un bloc, qu’Israël considérera comme à annexer? !
« Le premier ministre a parlé au vice-président Biden et a exprimé ses regrets pour “le moment malheureux” de l’annonce israélienne », a indiqué un communiqué émanant du bureau de Netanyahou. Et si les travaillistes menacent – mais menacent seulement – de quitter le gouvernement, ils ne parlent eux-mêmes que d’une « grave erreur » qui aurait « été commise », ce qui ne remet pas en question la colonisation. « Le communiqué (israélien) est inacceptable parce qu’il parle d’une erreur de calendrier, et non d’une erreur sur le fond, qui est la poursuite de la colonisation, laquelle doit cesser », a expliqué le négociateur palestinien Saëb Erakat. « Toutes les décisions concernant les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est doivent être annulées, a-t-il insisté. La poursuite de la colonisation est une erreur, ce n’est pas une question de calendrier, parce que les colonies sont de toute façon illégales. » Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a informé la Ligue arabe qu’il ne reprendrait pas les négociations avec Israël sans un arrêt de la colonisation à Jérusalem-Est.
Pierre Barbancey
Un processus de Judaïsation de Jérusalem-est
L’association israélienne Ir Amim vient de révéler que la mairie de Jérusalem projette de construire 50?000 nouveaux logements, dont la majorité dans les quartiers de colonisation situés dans la partie est. Des chiffres contestés par la municipalité, ce qui n’étonne personne tant la colonisation est partie intégrante de la politique municipale.
Quelque 270?000 Palestiniens vivent à Jérusalem-Est, contre environ 200?000 juifs israéliens installés là après l’annexion de 1967 par Israël. Le but ultime étant d’avoir moins de 20 % de Palestiniens à Jérusalem et ainsi de réfuter leur revendication de faire de la partie orientale de la ville, leur capitale.

2 commentaires