Le coup de colère d’Abbas contre Netanyahou !

Le coup de colère d’Abbas contre Netanyahou !

AbbasAvant de se rendre en juin à Washington, le président de l’Autorité palestinienne a fait savoir qu’il négocierait avec Israël et non pas « un État juif ». « État juif, c’est quoi ça ? Vous pouvez vous faire appeler comme ça vous plaît, mais moi je ne l’accepte pas (…) Vous pouvez vous faire appeler la république sioniste hébraïque nationale socialiste si ça vous plaît, ça ne me regarde pas. Moi je sais qu’il existe un État d’Israël sur les frontières de 1967 et pas un centimètre de plus ou de moins. » Ce cri de colère, lancé lundi par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a été provoqué par l’exigence du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, réclamant comme préalable à toute négociation que les Palestiniens reconnaissent « Israël comme État juif » (voir notre édition du 21 avril).

De plus, Mahmoud Abbas a exigé le gel total des implantations juives avant toute discussion avec les dirigeants israéliens. Et en effet, des travaux sont en cours pour la construction de 60 logements dans la partie orientale de Jérusalem, visant, selon la porte-parole de la Paix maintenant, Hagit Ofran, « à compléter la ceinture de quartiers juifs qui entourent la partie orientale arabe de Jérusalem » et à la couper totalement de la Cisjordanie.

Une chose est sûre, les Palestiniens, aidés par des progressistes israéliens, sont décidés à s’opposer aux nouveaux projets coloniaux d’Israël. À Bethléem, les habitants du camp de réfugiés d’Aïda veulent recevoir le pape, attendu le 13 mai, sur une scène construite au pied du mur de séparation qui entoure la ville !

En arrière-plan de cette situation, le fait que les discussions entre le Fatah et le Hamas, entamées au Caire le 10 mars (et qui se poursuivent), pour la formation d’un gouvernement d’union nationale n’aient pas encore abouti a de fâcheuses conséquences sur la reconstruction de Gaza. En effet, l’aide de 4,5 milliards de dollars promise par la communauté internationale, au sommet de Charm el-Cheikh, transite et est gérée par l’Autorité palestinienne. Or, depuis l’expulsion par la force du Fatah, en juin 2007, de la bande de Gaza, et par voie de conséquence de l’Autorité palestinienne, cette même communauté internationale refuse de traiter avec le Hamas tant qu’il ne reconnaîtra pas les accords signés entre l’OLP et Israël.

Concernant la reprise du processus de paix, Barack Obama, qui a convoqué séparément Mahmoud Abbas, Benyamin Netanyahou et Hosni Moubarak à Washington, en juin prochain, vient de réitérer son choix pour « une solution à deux États ». Recevant le roi Abdallah de Jordanie, il a averti que « l’on ne peut négocier indéfiniment. À un certain moment, des mesures doivent être prises ».

pour le journal l’Humanité Hassane Zerrouky

Michel Barrier

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