Le chef du Modem fait mine de condamner le capitalisme dont il est l’un des artisans.
Défenseur acharné du système, en France et en Europe, le président du Mouvement démocrate (Modem) ne rechigne cependant pas au double langage. Sa perspective est celle du leadership anti-Sarkozy qu’il dispute au PS, en particulier à l’approche des élections européennes. Dans un entretien publié samedi dans le Monde, François Bayrou n’hésite pas à condamner « le capitalisme », qui, selon lui, « ne peut pas être un projet de société ». Il dit récuser le concept de « capitalisme moral » cher au président de la République, affirmant sans barguigner que « le capitalisme est amoral par nature, son but étant de faire de l’argent, sa loi étant celle du profit ». Un positionnement qui en dit long sur la nature de la contestation en germe dans les mouvements sociaux. Il reste que le leader de droite ne va cependant pas jusqu’à proposer une alternative progressiste : il oppose seulement au capitalisme « des règles de transparence et de stabilité ».
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