Les ÉTATS-UNIS, terre de liberté!

Les ÉTATS-UNIS, terre de liberté!

Tout le monde le sait les Etats Unis et les droits de l’homme ne font qu’un.C’est donc aux disques durs que les douaniers s’attaquent .%%% En effet le ministère de la Sécurité intérieure s’autorise maintenant à fouiller les ordinateurs des citoyens américains. __Pour les défenseurs des libertés civiles, c’est une atteinte à la vie privée de trop.__ Peut-on fouiller un ordinateur au même titre qu’un bagage ?

Le ministère de la Sécurité intérieure en est convaincu. Depuis dix-huit mois, la police des frontières fouille et saisit les ordinateurs, les téléphones portables et les BlackBerry de certains citoyens américains quand ils rentrent de l’étranger. Dans certains cas, les douaniers passent en revue les fichiers devant le voyageur. Parfois, ils emportent la machine pendant quelques heures et copient le contenu du disque dur. On ne sait pas ce qu’il advient des données. Le ministère de la Sécurité intérieure fait valoir que ces fouilles et ces saisies de fichiers électroniques sont indispensables pour détecter les terroristes et ceux qui diffusent de la pornographie infantile. De plus, il se dit habilité par la Constitution à procéder à ce type de recherches sans mandat ni motif valable. Mais, dans les milieux d’affaires, beaucoup ne sont pas de cet avis. Ils luttent pour que le Congrès fixe des garde-fous en matière de fouilles et de saisies, ainsi que sur ce que devient l’information récupérée. Quant aux défenseurs des libertés civiles, ils estiment que les saisies d’ordinateurs portables sont purement et simplement anticonstitutionnelles. Ils veulent que le ministère de la Sécurité intérieure mette fin à ces pratiques, sauf en cas de soupçons raisonnables. Des spécialistes du droit rappellent qu’on est face à un enjeu de premier plan, car une fois de plus la protection de la vie privée se heurte à la nécessité de défendre les Etats-Unis contre le terrorisme et la pornographie infantile. Les tribunaux ont souvent jugé que les fouilles de routine aux frontières étaient autorisées pour la simple raison qu’elles ont lieu à la frontière. Ceux qui s’opposent à la politique actuelle affirment que, avec les fouilles d’ordinateurs portables, on dépasse largement le cadre de ce qui relève de la routine. Des fouilles de plus en plus indiscrètes et excessives Les partisans des pratiques actuelles rétorquent qu’un ordinateur vaut bien une valise, et qu’à ce titre les agents des douanes ont parfaitement le droit d’en vérifier le contenu. “L’idée de créer une sorte de sanctuaire pour les criminels et les terroristes me paraît absurde”, s’indigne James Jay Carafano, chercheur à la Heritage Foundation de Washington [un think tank conservateur]. “Quand on pense que chaque jour des millions de personnes entrent dans le pays ou le quittent, il est parfaitement irréaliste d’exiger un motif valable pour procéder aux fouilles.” Des personnes dont on a fouillé et saisi le contenu de leurs ordinateurs et autres appareils électroniques estiment qu’il serait logique et conforme à la Constitution de réserver la saisie d’ordinateurs à de véritables suspects. Amir Khan, consultant en technologies de l’information dans la région de San Francisco, a vu fouiller son ordinateur portable à deux reprises alors qu’il rentrait aux Etats-Unis d’un voyage d’affaires. Un jour, un douanier a gardé son ordinateur pendant plus de deux heures. “Je ne sais pas ce qu’il en a fait. Il a pu y installer des logiciels espions ou copier des fichiers, commente M. Khan. C’était très indiscret, et surtout excessif. Le 4e amendement [de la Constitution] est très clair là-dessus, on ne peut pas arrêter les gens au hasard dans la rue pour les fouiller et vérifier leurs affaires.” Les défenseurs des libertés civiles aimeraient que le Congrès établisse que la fouille d’un appareil électronique porte atteinte à la vie privée et exige un motif suffisant. “Nous considérons nos ordinateurs portables, nos BlackBerry et nos téléphones portables comme un prolongement de nos cerveaux”, note Tim Sparapani, conseiller juridique auprès de l’American Civil Liberties Union. “Ils contiennent nos pensées les plus intimes.” Quant à l’idée que cela créerait un “sanctuaire” pour les terroristes, M. Sparapani objecte : “Un terroriste digne de ce nom envoie ses documents secrets sous forme de fichiers cryptés depuis un lieu distant vers un serveur situé quelque part aux Etats-Unis.” Alexandra Marks The Christian Science Monitor

Michel Barrier

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