Lettre ouverte d’un militant socialiste du Havre aux militants socialistes havrais

Lettre ouverte d’un militant socialiste du Havre aux militants socialistes havrais

Les élections municipales et cantonales en France, c’est une victoire et une lueur d’espoir pour les citoyens de notre pays qui souffrent : une soixantaine de départements sur 100, des dizaines de villes importantes gagnées à gauche. Le peuple ne supporte pas la politique de la droite et confirme chaque fois qu’elle le peut son antilibéralisme. L’EXCEPTION HAVRAISE

de Bernard Lelièvre Militant socialiste au Havre Le Havre, ville majoritairement de gauche fait exception. Que s’est-il passé à gauche ? La liste D. PAUL, PC-MDC, à laquelle s’ajoute 30 à 40% de militants représentant le tissu associatif, fait un très bon score : 29.1%. La grande partie de la liste L. LOGIOU, PS-VERTS-RADICAL, était inconnue des Havrais, et sans lien solide avec la vie associative. Par contre, les militants PS connus, liés depuis des décennies au tissu havrais ont été éliminés de la liste. Il fallait du « sang jeune et neuf », et sans doute il fallait ne voir qu’une seule tête. Le bureau de section qui représentait les différentes sensibilités du PS a été dissout il y a plusieurs mois par le « 1er des socialistes havrais » : aucune réflexion collective sur la défense de nos valeurs n’a été menée, l’objectif n° 1 étant d’être placé devant D. PAUL, la lutte contre la politique d’A. RUFENACHT devenant secondaire. RESULTAT : 13.8%. Compte tenu de la représentativité des Verts, qui fort heureusement effectuent un travail de fond depuis des années et ont publié un excellent 4 pages pour ces municipales, __le PS ne représente plus au niveau local que 9 à 9.5% des voix__. Il faut remonter à quarante ans pour constater un tel score. LE DESASTRE EST TOTAL et il faut y ajouter le départ de nombreux militants depuis un an. IL Y A OBLIGATION DE RENDRE DES COMPTES AUX HAVRAIS. On ne peut pas, comme le dit aujourd’hui le secrétaire de section « tirer un trait sur le passé, la machine est aujourd’hui en ordre de marche » : CIRCULEZ, il n’y a RIEN A VOIR. Quel est ce langage irresponsable ? Il nous faut faire un bilan de l’échec, associer les Havrais de gauche dans la réflexion : ils ont le droit de savoir et de participer. Il faut rendre compte publiquement de nos débats et les laisser s’exprimer (sur le site, dans les rencontres…) La «participation citoyenne » dont nous nous réclamons doit être une réalité. Contrairement à ce qui est dit : Ce n’est pas l’équipe de D. PAUL qui était trop forte, la gauche n’est jamais trop forte, mais l’équipe de L. LOGIOU qui était trop faible : c’est la raison de l’échec. PREPARONS L’AVENIR : LE CONGRES DE NOVEMBRE 2008. La gauche n’a pas gagné la présidentielle ni en 2001 ni en 2007 parce qu’elle n’était pas assez à gauche, pas assez opposante et attaquante contre le capitalisme. Les richesses doivent être redistribuées pour les 35h, les 1500€ mensuels, la sécu, les écoles, les services publics, contre cette politique de droite appauvrissante. La majorité des français et des Havrais ne supporte pas la politique de droite. Chaque fois qu’elle le peut elle exprime son refus du libéralisme et c’était le cas aux municipales. A ces élections le PS nationalement partait donc ultra-favori. Pourtant, LE PS N’EST PAS A LA HAUTEUR : – Pas de programme alternatif, – Pas de critique de fond du libéralisme – Pas de stratégie d’union de la gauche – Pas de revendications claires sur les besoins criants immédiats des ménages C’EST L’ENJEU DU CONGRES – Rassemblement de toute la gauche et aucune alliance avec le centre – Fidèle aux salariés comme la droite est fidèle au patronat et aux actionnaires. Si cette ligne ne triomphe pas, alors il faudra créer autre chose.%%% Au Havre, maintenant, nous devons créer un grand mouvement citoyen ancré dans la ville loin des ambitions personnelles afin que dans 6 ans, la gauche renaisse au Havre. Bernard LELIEVRE, le 19 mars 2008. Par souci de transparence, j’envoie ce courrier aux militants PS dont j’ai les coordonnées et aux militants de la gauche havraise. Faire suivre ce courrier à vos amis si vous le souhaitez.

Michel Barrier

5 commentaires

Marc Publié le16 h 06 min - 25 mars 2008

M. BARRIER,
Certes l’union de la gauche ne s’est pas faite au 1er tour. Peut-être M.LOGIOU a-t-il fait une erreur, peut- être pas. Mais cela a permis à chacun de se retrouver dans son parti, dans ses idées au premier tour. Vous auriez dirigé la ville ensemble. Auriez-vous publié cette lettre sur votre blog si tel avait été le cas ? Je ne comprends pas, pourquoi est-ce qu’en politique on méprise plus l’allié que l’adversaire ? Pourriez-vous m’expliquer cette posture, M. BARRIER? Vous qui êtes, je le crois, un homme de gauche, respectueux des valeurs démocratiques.

Bien à vous,

Un habitant de caucriauville

bruno Publié le22 h 02 min - 25 mars 2008

Le programme de la gauche était:battre la droite.Pour beaucoup cela a semblé très insuffisant ajouté à l’union de complaisance PS/PC,cela a été et sera toujours fatal.En face AR parlait d’ouvrir la ville à l’international et de développement économique,2 projets de société complètement différents.I have a dream,une refondation de la gauche et du centre battant le dauphin d’AR.Pas d’autre alternative pour moi.Excusez ma subjectivité.

Michel PEYRET Publié le11 h 53 min - 7 avril 2008

Quel débat après les élections ?
Et , s’agissant du présent , pourquoi parler de pseudo-réflexions quand il s’agit du vécu . Le vécu , c’est quand-même cette réalité dont nous avons parlé et c’est elle qui , au premier chef , doit être analysée et comprise . C’est cela avant tout la démarche de Marx .

Pour ma part , j’ai de grands questionnements quant aux dernières élections . Ils arrivent peut-être un peu tard mais j’ai le sentiment que l’on a fait l’impasse sur les questions principales , celles qui vont déterminer la vie des gens et la gestion des territoires dans la prochaine période : la planète tout entière est-elle au bord d’une catastrophe économique , énergétique , financière , monétaire , comme questionnait ce dimanche le Journal de ce nom ?

Si tel est bien le cas , ce que je crois , pourquoi en être demeuré pour l’essentiel au local avec la seule « ouverture » nationale que pouvait constituer une sanction de Sarko ? Et si l’essentiel de ce qui va conditionner la vie des gens n’a pas été abordé , qu’est-ce que cette démocratie ? Certes , ce questionnement n’est pas nouveau mais sa perduration n’en est pas moins problèmatique , inquiétante : le capitalisme a trouvé le moyen , une fois de plus , de confisquer le suffrage universel , et ceci avec la complicité des dirigeants de la totalité des forces politiques ! Nous sommes toujours dans ce que certains définissent comme une post-démocratie !

Et comment alors revient-on , ou plutôt comment établit-on une véritable démocratie , un véritable pouvoir du peuple , un pouvoir qui établisse une souveraineté réelle ? Ce qui implique que l’on interroge à nouveau la poursuite de la construction d’un Etat européen : comment poursuivre en considérant comme nul et non advenu le viol de l’expression souveraine du peuple français ? Et faut-il « sauver le système » comme le titre l’éditorial du Journal du Dimanche ? Ou , au contraire , faut-il sortir du système ?

Je réfléchis à la façon de formuler ces questionnements pour me faire bien comprendre mais je crois qu’en faire part est tout à fait indispensable . Il me semble que c’est cette réflexion que doivent avoir maintenant les communistes plutôt que de se laisser entraîner dans la voie de quelque pronunciamiento qui se substituerait à l’élaboration d’une véritable alternative révolutionnaire .

Michel EBERHARD Publié le11 h 54 min - 9 avril 2008

Concernant le texte de B.Llelièvre sur les dirigeants socialistes Havrais, je le rejoins tout à fait, lui il a connu celà de l’intérieur, moi je l’ai connu de l’extérieur, professionnellement en tant qu’employé de la Ville du Havre et ayant eu des contacts très rapprochés avec eux. Celà démarre en 1972, à cette époque il y avait une équipe de socialistes en place qui valait ce qu’elle valait, mais ils faisaient honnêtement leur travail, du moins je le crois. Est arrivé un élu du nord, J.Menga, qui lui a tout boulversé au sein de la section PS de l’époque, pour y installer les siens et avoir la maîtrise sue le PS Havrais. J’ai assisté là au début du carriérisme des dirigeants socialistes Havrais, qui ont toujours eus une seule idée, éliminer le PC au Havre, tout comme Mittérand a voulu le faire au plan national, il y est en partie arrivé d’ailleurs. Mais il avait comme poulain P.Fouilland, mal lui en a pris car celui-ci avait les dents longues et des visées carriéristes aussi. Il a tout fait pour écarter J.Menga de la gestion du PS au Havre, et il aurait bien aimé, à mon avis nous refaire le coup de Monguillon, qui avec 2 élus PS seulement était devenu Maire du Havre, bien sur avec les voix de droite. Je pense qu’il a été tenté de proposer sa candidature comme maire lors du passage de relais entre A.Duroméa et D.Colliard, mais il n’a pas pu arriver à ses fins. Dans le mêm temps est arrivé l’envoyé spécial Fabius, E.Donfu, plein d’ambition mais lui n’a pas pu éliminer les dirigeants en place à cette époque. Ensuite on a eu l’épisode P.Dhaille, qui a fuit sa « bonne ville de Lillebonne » pour venir au Havre se refaire une virginité, pourquoi changer de ville, si on a si bien travaillé dans la sienne, bizarre, mais lui non plus n’a pas pu s’imposer donc il est passé du PS au Vert puis Rose et Vert et enfin Radical, quel parcours de girouette, il est reparti tenter sa chance à Lillebonne, seule bonne décision de sa part depuis longtemps, avec l’insuccès qu’on lui a connu. La place était libre pour un autre carriériste, et ce fut L.Logiou venu de sa « bonne ville de Rouen », il a fait le ménage, installé ses amis et comme son plus grand combat fut de réduire à néant le PC, les Havrais l’on remercié, 14% une vraie raclée pour le PS, on aime pas les parachutés, encore moins les carriériste au Havre, on aime bien ceux qui s’investissent pour leur ville et ses habitants, pas pour les politiciens qui ne pensent qu’a leur avenir. Après 40 ans passés dans la mairie du Havre, j’ai de très bon souvenirs avec quasiment tous élus de tous bords, c’est vrai qu’avec les élus socialistes ça se limite à quelques uns.

de Toulon Publié le18 h 33 min - 9 avril 2008

chers amis havrais, depuis 1995, nos deux villes font l’objet d’attentions des ténors politiciens.
J’ai vécu la chute du Havre avec une énorme tristesse,mais Toulon de Maurice Arreckx sénateur maire UDF de 59 à 85 puis François Trucy dvd (devenu UMP) qui,en 95, céda sa place à Le Chevallier,FN, remplacé par Hubert Falco UMP en 2001, lequel fut reconduit comme Rufenacht aux dernières élections municipales, en raison de tiraillement à gauche.La boucle est bouclée…De possibles connivences entre la droite et le FN en 95 ont fait couler beaucoup d’encre, et je vois que chez vous, comme chez nous, l’éclatement à gauche, remet à plus tard le possible changement tant espérer. J’ai pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de la lettre du militant socialiste havrais déçu, je laisse à votre lecture le texte ci dessous, émanant d’électeurs de gauche à Toulon et qui est paru dans la presse, peut-être sera-t’il utile à votre travail de réflexion.

le titre: Avant l’union, le parti socialiste se déchire

« Eliminé au 1er tour avec 14,07 % des voix, Robert ALFONSI devait il démissionner ? Dans une lettre ouverte adressée à l’intéressé, « un groupe d’électeurs de gauche déçu par l’équipe socialiste toulonnaise » le pense très clairement. « Nous considérons que votre score de
14,07 % ne reflète en aucun cas les réelles forces du courant que vous prétendez défendre (…). Vous n’êtes plus en capacité au sein du conseil municipal, et plus largement au sein de la ville, de conduire un travail crédible d’opposition face à Hubert FLACO (…) Nous vous demandons de bien vouloir quitter les mandats qui sont les nôtres ».

Ne voulant pas polémiquer, même s’il pense savoir d’où provient cette attaque, Robert ALFONSI affirme : « Si mes colistiers m’avaient demandé de quitter mon siège de conseiller municipal, je l’aurais fait ». Et, comme pour donner plus de crédits à ses déclarations, de préciser : « Dans la foulée du congrès national, je quitterai la direction du parti socialiste varois avec beaucoup de joie. Le ciment idéologique et humain s’y est délité, j’ai l’impression de perdre mon temps. Quant à mon mandat de conseiller régional, si Michel VAUZELLE veut renouveler son équipe, je ne me battrai pas pour garder mon fauteuil ».

Robert ALFONSI si trouve le soutien –attendu- en la personne de Lorenzo MATEOS, « la solution n’est sûrement pas de démissionner. On n’est plus que quatre élus de gauche au conseil municipal de Toulon. C’est vrai. Mais Viviane DRIQUEZ et Sophie LEBEDEL sont nouvelles et nous allons les aider ».

En revanche, Bruno MARANZANA ne mâche pas ses mots à l’encontre de celui qui, il y a encore moins d’un mois, était sa tête de liste. « Avec 14 % des voix, on ne peut pas décemment siéger à l’assemblée municipale. Avec pourtant 24 % des suffrages, Odette CASANOVA avait eu, elle, le courage de démissionner en 2001 ». Utilisant une métaphore maritime, Bruno MARANZANA en rajoute : « Après avoir balancé le bateau sur le récif, je pensais que l’amiral ALFONSI poserait sa casquette ».

Au sein du parti socialiste varois, pas grand monde ne trouve d’ailleurs de crédit aux yeux du conseiller général du 2ème canton.

« La direction du PS est exclusivement composée de gens qui n’ont jamais gagné d’élections (…) Depuis plus de 25 ans, ils perdent tous les suffrages. Dans leur quartier, leur canton, leur ville. Encore une fois, ils n’ont fait que reproduire ce qu’ils ont toujours fait : perdre les élections».

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