Camarades socialistes, du courage, de la cohérence

Camarades socialistes, du courage, de la cohérence

j’ai lu de Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité.

Si la gauche dans sa diversité, quelles que soient par ailleurs les opinions différentes sur le traité européen lui-même, réclame que la démocratie soit respectée, elle peut créer les conditions de la convocation du référendum.Malheureusement, la position qui consisterait à boycotter le Congrès, exprimée mardi par le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, et confirmée à la radio hier matin par François Hollande, est incompréhensible.si les parlementaires socialistes défendent « la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire », il faut aller à Versailles et voter contre la modification constitutionnelle.%Camarades socialistes, nous avons l’occasion ensemble de faire reculer M. Sarkozy sur une orientation fondamentale de sa politique. Alors ne ratons pas l’occasion ! Portons le fer ensemble contre le pouvoir personnel sarkozyen. C’est sans doute d’ailleurs la volonté d’une majorité d’électrices et d’électeurs de gauche et de nombreux démocrates

Examinant avant Noël le projet de traité européen, le Conseil constitutionnel a considéré que la France ne pouvait pas l’adopter sans modification de sa Constitution au motif que de très nombreux articles de ce traité s’apparentaient au défunt projet de constitution européenne de 2005. À sa manière, le Conseil constitutionnel a donc confirmé que le traité européen ne tenait aucun compte du non majoritaire de deux peuples à la constitution européenne. Dans ces conditions, seule une nouvelle consultation populaire peut infirmer ou confirmer ce qu’a décidé le peuple le 29 mai 2005. C’est ce qu’ont dit et redit tous les candidats de gauche durant la campagne des élections présidentielle et législatives.
Il existe aujourd’hui un moyen d’obtenir ce référendum. C’est, d’une part, de refuser le projet de révision de la Constitution qui sera soumis le 15 janvier à l’Assemblée nationale et le 29 janvier au Sénat. Mais le moment décisif sera le vote du Congrès qui réunit ensemble députés et sénateurs, le 4 février prochain, à Versailles. Si au Congrès, les trois cinquièmes des parlementaires présents ne votent pas la révision constitutionnelle, l’actuelle Constitution contraint le président de la République à convoquer un référendum. Autrement dit, la seule question qui est posée au Congrès est de savoir si le traité européen sera adopté ou non par la voie parlementaire ou par l’expression directe du peuple.
Si la gauche dans sa diversité, quelles que soient par ailleurs les opinions différentes sur le traité européen lui-même, réclame que la démocratie soit respectée, elle peut créer les conditions de la convocation de ce référendum.

Or, malheureusement, la position qui consisterait à boycotter le Congrès, exprimée mardi par le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, et confirmée à la radio hier matin par François Hollande, est incompréhensible. M. Ayrault a déclaré : « Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire. » Cette manière de faire contredit exactement les prétendus objectifs affirmés. En effet, si les parlementaires socialistes défendent « la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire », il faut aller à Versailles et voter contre la modification constitutionnelle. Parce qu’à la réunion du Congrès, seuls sont comptabilisés les votes des parlementaires présents et votants. Si la position actuelle des parlementaires socialistes était celle exprimée par M. Ayrault, il s’agirait d’un tour de passe-passe revenant à refuser la consultation du peuple, c’est-à-dire à s’aligner sur le président de la République.

Camarades socialistes, nous avons l’occasion ensemble de faire reculer M. Sarkozy sur une orientation fondamentale de sa politique. Alors ne ratons pas l’occasion ! Portons le fer ensemble contre le pouvoir personnel sarkozyen. C’est sans doute d’ailleurs la volonté d’une majorité d’électrices et d’électeurs de gauche et de nombreux démocrates. Allez-vous écouter les voix socialistes comme celles de Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Marc Dolez et beaucoup d’autres encore, qui réclament que les parlementaires aillent à Versailles et votent « non » au projet sarkozyen de révision constitutionnelle.

C’est l’intérêt de la démocratie, valeur consubstantielle de la gauche. Il n’est pas trop tard. Camarades socialistes, vous êtes face à une énorme responsabilité. Débattons-en encore. C’est la première occasion qui se présente pour faire entendre la voix d’une gauche unie faisant reculer le pouvoir sarkozyen. Ne la laissons pas passer ! Les élections municipales et cantonales seront la seconde occasion.

En tout cas, nous appelons tous les citoyens, tous les républicains, tous ceux qui sont attachés à la démocratie, à organiser dans chaque circonscription des délégations auprès de leurs parlementaires pour qu’ils refusent ce déni de démocratie. En même temps, nous appelons à assurer le succès du rassemblement à l’appel du Comité national pour un référendum, le 2 février prochain, sur une base simple : le respect de la démocratie par-delà l’opinion qu’ont les uns et les autres sur le contenu du traité lui-même.

Alors camarades, du courage et de la cohérence !

Michel Barrier

2 commentaires

le point de vue de Henri Emmanuelli Publié le20 h 44 min - 13 janvier 2008

« Le seul moyen d’obtenir un référendum, c’est d’aller Versailles » Traité européen . Pour le député (PS) Henri Emmanuelli, boycotter le Congrès reviendrait laisser Nicolas Sarkozy la voie libre pour une ratification parlementaire. Pourquoi réagissez-vous aussi sévèrement l’appel au boycott du Congrès de Versailles lancé par M. Ayrault et M. Hollande ? Henri Emmanuelli. Il y a dans cette affaire deux questions bien différentes. L’une qui concerne les modalités de décision : référendum ou voie législative. L’autre, le traité lui-même : pour ou contre. S’agissant des modalités, en dehors de toutes les arguties juridiques imaginables en la matière, le seul moyen réel de contraindre le président de la République organiser un référendum, c’est de s’opposer la révision constitutionnelle. Si cette révision échoue, le président est obligé d’en appeler au peuple. C’est assez compliqué sur le plan juridique, mais la réalité, c’est ça. De même, le seul moyen pour les socialistes d’obtenir un référendum, engagement qu’ils ont pris plusieurs reprises devant le peuple français l’occasion des élections présidentielle et législatives, c’est d’aller massivement Versailles et de voter contre. En revanche, ne pas aller Versailles, boycotter le Congrès, comme on nous le demande, c’est laisser les mains libres Nicolas Sarkozy pour laisser le parlement, où il dispose d’une majorité, s’asseoir sur le vote des Françaises et des Français. Ce serait la première fois, dans l’histoire de nos républiques, que l’on demande aux mandataires – les parlementaires – de désavouer leurs mandants : les citoyens et les citoyennes. Parler de démocratie après ça serait totalement incongru. A fortiori de démocratie participative ! L’élection de Nicolas Sarkozy ne tourne-t-elle pas la page du « non » français au projet de Constitution ? Henri Emmanuelli. Dire, comme le font certains, que l’élection de Nicolas Sarkozy tourne la page est une interprétation dilatoire. En aucun cas, lorsqu’ils élisent un président ou des députés, les citoyens et les citoyennes ne délèguent ces mandataires le pouvoir de les priver de leur pouvoir de citoyens, seuls détenteurs de la souveraineté nationale. On peut tout déléguer, sauf le pouvoir de résilier le principe fondamental de la souveraineté populaire. Seuls les régimes dictatoriaux ont estimé que le peuple leur avait octroyé le pouvoir de donner congé la démocratie ! C’est tout aussi vrai sur des sujets qui ne touchent pas au principe fondateur de la démocratie. Doit-on considérer que l’élection de Nicolas Sarkozy nous dispense, désormais, de nous battre pour la survie de ce qui reste du Code du travail ? Dire que l’on ne peut plus s’opposer parce que l’on est minoritaire, c’est renoncer toute forme d’opposition. C’est renoncer la démocratie. Les auteurs de ce genre de thèse, qui les arrange sur un sujet particulier, sont totalement irresponsables. Sur le fond, en quoi le traité de Lisbonne est-il similaire au TCE ? Henri Emmanuelli. Le pseudo minitraité n’est pas fondamentalement différent du précédent. Il escamote le préambule et les symboles d’une Europe fédérale, qui n’étaient pas les points qui me posaient problème. Il n’apporte rien sur le plan d’une pratique plus démocratique ou sur le plan social. Rien non plus de nouveau sur le plan monétaire, question aujourd’hui brûlante si l’on veut éviter la délocalisation massive de nos industries, y compris les industries de pointe comme l’aéronautique. Ni sur la possibilité de combattre les délocalisations internes par une harmonisation fiscale et sociale. En revanche se profile l’hypothèse d’un président de l’Union qui serait Tony Blair, coauteur du désastre irakien, valeureux combattant des « forces du bien contre celles du mal », au moment même ou les Américains vont se débarrasser de George W. Bush. Et ce avec la complicité active de Nicolas Sarkozy ! Vous invitez les parlementaires socialistes favorables un vote négatif se retrouver mardi prochain. Quelles initiatives entendez-vous prendre ? Henri Emmanuelli. Aller Versailles et voter contre la révision de la Constitution. Dans un premier temps. Appeler chaque député(e), en conscience, utiliser le moyen qui s’offre lui de rester fidèle l’engagement pris devant le suffrage universel.

Jean Paul MOREAU Publié le7 h 55 min - 17 janvier 2008

courrier Marisol TOURAINE, députée socialiste d’Indre et Loire > *Madame Touraine, > Le vrai moyen de s’opposer Sarkozy est de lui imposer la > consultation dont il ne veut pas parce qu’il a peur du peuple. Et vous? > > Je vous demande d’être présente avec tous les élus socialistes > Versailles le 4 février et de voter NON la révision > constitutionnelle pour permettre la tenue d’un référendum, pour que la > parole soit donnée au peuple sur ce traité européen. En cas > d’abstention de votre part, je ne voterai plus jamais socialiste au > deuxième tour. Sa réponse Monsieur, Vous m’avez écrit au sujet de la prochaine tenue du Congrès de Versailles. Il n’y a aucun doute sur le fait que je m’y rendrai. En revanche, je ne voterai pas NON car cela me semble incohérent avec la décision d’adopter le traité. Je voterai en revanche la motion référendaire que nous déposerons ensuite l’Assemblée, avant d’engager la discussion sur le traité lui-même. J’ai bien conscience de ne pas vous apporter la réponse que vous souhaitez, mais c’est celle qui correspond mes covictions personnelles profondes. Bien vous Marisol Touraine ________________________________________________________________

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