Après l’élection de Nicolas sarkozy, déclaration de Marie George Buffet

Après l’élection de Nicolas sarkozy, déclaration de Marie George Buffet

Je le dis avec solennité : l’élection du président de l’UMP, et le grave échec de la gauche, constituent une véritable catastrophe politique. Pour la première fois depuis la Libération se trouve porté aux plus hautes responsabilités de l’Etat un homme qui a repris à son compte la plupart des grands thèmes politiques de l’extrême droite et qui porte ouvertement le programme économique et social ultra-libéral du Medef.

Aujourd’hui les françaises et les français ont voté massivement. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République.
En cet instant, je pense surtout à celles et à ceux qui sont les premiers menacés par les projets du nouveau Président de la République. Je pense aux salariés qui s’épuisent au travail sans en retirer les moyens de vivre dignement, aux retraités, aux jeunes des milieux populaires, à toutes les victimes des inégalités et des discriminations, aux chômeurs et aux précaires. Je veux leur dire que les communistes seront à leurs côtés. Partout, sur tous les terrains, nous prendrons avec elles et avec eux les initiatives permettant de faire face avec détermination et responsabilité.
Je veux dire ensuite aux femmes et aux hommes de gauche, aux démocrates, que je partage ce soir leur désarroi, leur amertume et leur très grande inquiétude.
Je le dis avec solennité : l’élection du président de l’UMP, et le grave échec de la gauche, constituent une véritable catastrophe politique. Pour la première fois depuis la Libération se trouve porté aux plus hautes responsabilités de l’Etat un homme qui a repris à son compte la plupart des grands thèmes politiques de l’extrême droite et qui porte ouvertement le programme économique et social ultra-libéral du Medef. Notre système social, déjà très abîmé par des années de politiques libérales, nos droits démocratiques sont en danger. Il faut se rassembler pour faire barrage à la politique que la droite va vouloir mettre en oeuvre. J’appelle, dans l’urgence, à une mobilisation de toutes les forces de gauche pour organiser la riposte.
Le Parti communiste ne baissera pas les bras. Partout, dans les villes, les quartiers et les entreprises, ses militantes et ses militants, ses élu-e-s municipaux, départementaux et régionaux, ses parlementaires seront aux côtés de notre peuple pour s’opposer à la casse sociale et aux atteintes aux libertés. Face à toutes les attaques, elles, ils travailleront sans relâche au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui ont le progrès social au cœur, de tous les démocrates pour organiser la vigilance et la lutte.

Dès ce soir, j’appelle à un sursaut des forces vives de la gauche pour faire des élections législatives une réaction à la défaite très lourde que nous venons de subir. Il ne faut pas laisser tous les pouvoirs entre les mains de Nicolas Sarkozy. Il faut que toutes celles et tous ceux qui veulent contribuer à la riposte puissent faire front ensemble pour élire le plus grand nombre possible de députés résolus à s’opposer à la droite.
J’appelle les électrices et les électeurs de gauche, dans ce cadre, à élire de nombreux députés présentés ou soutenus par le Parti communiste. Elles, ils seront, avec un groupe parlementaire, une force indispensable de résistance à la droite, et autant de points d’appui essentiels au soutien des luttes et des mobilisations sociales.
Au-delà, je veux dire que la défaite de Ségolène Royal ce soir, après celle de 2002, pose à toute la gauche des questions cruciales. L’importance du résultat de Nicolas Sarkozy montre qu’il a réussi à rendre crédibles au delà-même de l’électorat de droite, dans leur brutalité, les réponses qu’il apporte aux problèmes de notre société. L’échec de la gauche révèle à l’inverse l’exigence de faire vivre les valeurs d’égalité, de liberté et de justice sociale dans un projet politique en prise avec l’Europe et le monde dominés par le capitalisme financier globalisé.
Cet échec est celui de chacune des forces qui composent la gauche. Elles sont toutes placées – le Parti communiste aussi – devant leurs responsabilités pour en comprendre les raisons et reconstruire l’espoir en ouvrant une véritable perspective de changement. Je suis fermement décidée à m’y engager.

Plus que jamais, notre peuple a besoin d’une grande force de résistance et de proposition. J’appelle toutes celles et tous ceux qui veulent s’engager dans les batailles à venir à rejoindre le Parti communiste français.

Michel Barrier

1 commentaire pour l’instant

philippe Publié le12 h 25 min - 7 mai 2007

La gauche ne s’est pas fait battre sur des valeurs, mais parce qu’elle n’en avait aucune !
En voulant glaner des électeurs à la droite « centriste », La « sociale démocratie » a donné du crédit aux thèses ultra libérales de la droite extrême en n’insistant pas sur la cause réelle (le capitalisme) responsable du malaise des travailleurs et du mal vivre des citées populaires. J’ai vu une gauche en manque de repère qui ne parvient même pas à se convaincre elle-même.
La droite ne s’est pas désunie, tout en banalisant certaines thèses du FN, gagnant ainsi son électorat, elle a convaincu qu’en donnant plus aux riches, plus de pouvoir aux capitalistes, qu’en asservissant les travailleurs tout en stigmatisant l’autre partie, en faisant la chasse aux vilains étrangers en opposant une partie des français contre les autres elle soignerait des maux qui ronge notre société. La gauche n’a pas su démontrer ou prouver le contraire absorbée qu’elle était par un soucis de récupération centriste !
Un mystificateur adroit + une gauche sans conviction = le résultat du dimanche 6 mai !
Le libéralisme a de beaux jours devant lui tant que la gauche jouera sur le terrain de la droite et ne parviendra pas à convaincre que le capitalisme est la cause profonde du mal dont souffre la société !!!
Les médias ont aussi une grande part de responsabilité, ils détiennent des pouvoirs considérables et influencent dangereusement les pensées. Ils faut dénoncer sans relâche le matraquage intolérable qui est fait contre le socialisme, le communisme. Juste avant le premier tour des élections nous avons eu droit à toute une série de téléfilms de reportages sur le communisme stalinien, coréen, entre les deux tours, une émission très « sérieuse » : ( le droit de savoir), sur les fraudes aux ASSEDIC etc. C’est inacceptable et le pire est que personne ne semble se révolter de l’utilisation abusive faite de cette machine infernale à conditionner les idées. Charge est donnée à la gauche qui a la chance d’avoir les honneurs de la presse et des médias de le dénoncer chaque fois qu’elle en a l’occasion . Faute de quoi, des termes comme : le progrès, la réforme, être moderne qui devraient être utilisés pour le progrès social, continueront à être assimilés et employés pour tout ce qui conduit à une époque révolue du passé, celle des seigneurs et des serfs !

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