« Le Parti communiste français exprime sa consternation et sa condamnation suite à l’attentat suicide » dans la banlieue d’Islamabad « qui a coûté la vie à près de 20 personnes, dont Mme Benazir Bhutto », affirme le PCF dans un communiqué. Ajoutant : « Une fois encore le Pakistan fait l’objet d’une tentative de déstabilisation par un terrorisme meurtrier qui profite de la faiblesse de la démocratie, de la fragilité des conditions de développement et des réponses aux attentes sociales et populaires. (…)
Lu pour vous %%% Fille aînée de l’ancien premier ministre, elle avait repris son flambeau. Ex-premier ministre pakistanais, lavée des accusations de corruption qui l’avaient poussée à l’exil en 1999, par un décret d’amnistie, Benazir Bhutto n’aura pas eu le temps de parachever son come-back sur la scène politique pakistanaise. Elle a été tuée implacablement lors d’un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad. De son histoire singulière, on retiendra qu’elle a été la première femme de l’ère contemporaine à diriger un pays musulman. Elle n’avait que trente-cinq ans. Elle fut à deux reprises premier ministre de la République islamique du Pakistan (1988-1990 et 1993-1996). Mais à chaque fois elle a été destituée pour « corruption » et « mauvaise gouvernance ». Son époux fut emprisonné pour de multiples malversations et elle a préféré fuir à Londres et Dubaï pour échapper au même sort. Chouchoutée par les Américains, elle était présentée pour son retour d’exil et dans la perspective des législatives du 8 janvier comme étant la caution démocratique du régime, le partage du pouvoir avec Pervez Moucharraf devant sauver la mise à un président en perte de vitesse. Elle lui a finalement tourné le dos un mois plus tard, après que le chef de l’État eut décrété l’état d’urgence en invoquant la menace terroriste islamiste. Elle l’accusait, elle, de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Pourtant elle-même n’a pas été irréprochable sur le sujet, pour avoir propulsé les islamistes au pouvoir en 1996 avec les services secrets de l’armée pakistanaise (ISI). « Héritière » d’Ali Bhutto, ancien premier ministre, pendu en avril 1979, Benazir Bhutto, née en 1953, était issue d’une grande famille de propriétaires terriens du Sindh. Elle avait fait ses études aux États-Unis, à Harvard, et obtenu un diplôme de philosophie à Oxford. Elle était retournée au Pakistan en 1977, quand son père avait été renversé par le général ZiaUl-Haq, avant d’être exécuté par le régime militaire. Emprisonnée à plusieurs reprises ou placée en résidence surveillée, elle a réorganisé le Parti du peuple pakistanais (PPP) fondé par son père et repris son flambeau. Exilée en janvier 1984 à Londres, elle avait fait un premier retour remarqué en 1986. De nouveau emprisonnée quelques jours après une manifestation interdite contre le général Zia, elle avait échappé à un attentat en janvier 1987. Vingt ans plus tard, quasiment les mêmes circonstances en ce 18 octobre : un double attentat a endeuillé son arrivée triomphale à Karachi, tuant plus de 130 personnes. Hier ses partisans nombreux étaient dans les rues de plusieurs villes, notamment Karachi, et la police pakistanaise placée en état « d’alerte rouge »… Bernard Duraud
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