Delanoë va baptiser une allée Ben-Gourion à Paris

Delanoë va baptiser une allée Ben-Gourion à Paris

ben gourionIndignation après la décision de donner à une rue de la capitale le nom du responsable de l’expulsion des Palestiniens en 1948. Le chef d’État israélien Shimon Peres sera mercredi à Paris pour inaugurer avec le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, une promenade nommée Ben-Gourion sur les quais de la Seine. Le maire de Paris justifie cette mesure par le fait que Ben Gourion a eu « le courage de préconiser publiquement l’évacuation des territoires occupés à l’issue de la guerre des Six-Jours, dès 1967? : sa formule célèbre, “Plutôt la paix que les territoires”, résume à elle seule la clairvoyance de cette position ». Et pour faire taire les nombreuses critiques, il a décidé d’inaugurer une place Mahmoud-Darwish? ! Drôle de parallèle entre un poète humaniste et un chef de guerre? ! (1)?Outre que cette mesure, prise au moment(voir aussi l’index GAZA) où le gouvernement israélien poursuit sa politique de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, est scandaleuse, Bertrand Delanoë ne pouvait ignorer que Ben Gourion a été l’architecte en chef de l’expulsion massive des Palestiniens de leurs terres en 1948, celui qui a couvert de son vivant la destruction de 418 villages palestiniens et les massacres de Deir Yassine et Kfar Kassem? ! Des actes qu’il avait prémédités. En septembre 1937, il écrivait? : « Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place, et nous devons le faire avec violence. » Onze ans plus tard, il expliquera que « l’acceptation de la partition (le plan de partage de la Palestine adopté par l’ONU) ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie… Les frontières des aspirations sionistes sont les affaires des juifs. » (Ilan Pape in le Nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard). Comme il a couvert l’assassinat de Folke Bernadotte, représentant français de l’ONU en Palestine, par un groupe extrémiste, dont l’un des membres, Yeoshua Cohen, est devenu son garde du corps. Hassane Zerrouky

(1) Le Collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens a organisé hier un rassemblement de protestation devant l’hôtel-de-Ville.

Michel Barrier

4 commentaires

Publié le20 h 39 min - 14 avril 2010

Il était pas de gauche lui?

Ah si socialiste… quelle culture!

lupourvous Publié le10 h 48 min - 17 avril 2010

Le double langage de Ben Gourion
Par Jean-Paul Scot, historien.

Quel sens recouvre le fait de dédier une promenade de Paris au fondateur d’Israël ?
Après la guerre de 1967 contre les pays arabes, Ben Gourion préconisa la restitution de la Cisjordanie et de Gaza occupés, mais pas de Jérusalem-Est. Bertrand Delanoë invoque son vœu bien tardif, « plutôt la paix que les territoires », pour dédier une promenade de Paris au fondateur d’Israël, négateur du droit national des Palestiniens. Curieux hommage alors que les « nouveaux historiens » israéliens déconstruisent le mythe du « père de la nation »? !

Rien d’étonnant à ce que le jeune juif sioniste David Grin émigre en 1906 de Pologne en Palestine et signe ses premiers articles du nom d’un chef de la révolte des juifs contre Rome. Ou que, réfugié aux États-Unis, il tente de lever une armée de pionniers pour faire renaître l’État hébreu. Il compte moins sur le soutien du Royaume-Uni que sur la mobilisation mondiale du peuple juif? : « Lui seul doit, par sa force et par son capital, construire son foyer national et mener à bien sa rédemption. »

De retour en Palestine sous mandat britannique, il s’emploie dès 1919 à unifier les sionistes-socialistes et à évincer les communistes et les partisans d’un État binational arabo-juif. Il s’impose vite à la tête de la centrale syndicale, la Histadrout, qu’il organise en modèle de société sioniste, avec ses écoles et ses hôpitaux, ses entreprises et ses centres de loisirs, ses clubs sportifs et ses milices d’auto-défense. Rejetant la lutte des classes au nom de l’action de classe, il prône la défense du « travail juif » et l’intérêt commun des travailleurs et des patrons juifs. Ainsi, il devient en 1930 président du Parti des travailleurs d’Israël, le Mapai, membre de l’Internationale socialiste, qui obtient 42 % des voix juives en 1934.

Porté à la présidence du Congrès sioniste mondial et de l’Agence juive qui finance les achats de terres et l’émigration des juifs allemands, Ben Gourion envisage dès 1935 la création d’un État juif capable d’accueillir 5 à 6 millions d’immigrants sur le territoire de toute la Palestine avec transfert, volontaire ou non, de populations arabes. Quand la grande révolte des Palestiniens oblige Londres à proposer en 1937 la création de deux États, juif et arabe, il y voit une première étape vers la création d’Israël et un moyen de nier le droit des Palestiniens. Les archives secrètes de l’Agence juive révèlent son double jeu? : « Je suis en faveur d’un déplacement forcé. Je n’y vois rien d’immoral », déclare-t-il le 12 juin 1938. Mais il ne cesse de répéter? : « Ce serait une erreur de notre part – une erreur politique, voire plus encore, morale – de prôner un transfert forcé des Arabes. »

Président de l’Exécutif sioniste, Ben Gourion impose sa double tactique d’accord politique avec les États-Unis et d’actions terroristes contre l’Angleterre. Il formule le plan de partage qu’adopte l’ONU le 29 novembre 1947, mais entend aussitôt l’« améliorer ». En secret, il a déjà obtenu du roi Abdallah le partage de l’État palestinien entre la Jordanie et le futur Israël pour « raisons de sécurité ». Washington et Londres ont accepté cet accord tacite avant même la déclaration d’indépendance d’Israël le 14 mai 1948.

Ministre de la Défense, il donne en 1948 son feu vert au plan Dalet qui entraîne la destruction par Tsahal de 418 villages arabes, l’expulsion de plus de 800?000 Palestiniens et l’expropriation de leurs biens. Il fait aussitôt « interdire le retour des réfugiés » estimant « préférable qu’ils soient le plus nombreux possible à s’installer à l’étranger ». Il confie en 1949? : « Nous avons libéré un très grand territoire, bien davantage que nous le pensions. (…) Quant au reste, nous verrons plus tard. »

Rien d’étonnant car le sionisme, que fonda Théodor Herzl (honoré lui aussi d’une place à Paris depuis 2006), est une idéologie ambiguë prétendant unir le socialisme et le nationalisme, l’égalité des hommes et la conviction d’être le « peuple élu ».

wikmania Publié le14 h 34 min - 17 avril 2010

et quelques vérités
« Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal, nous avons pris leur pays. C’est vrai que Dieu nous l’a promis, mais en quoi cela les concerne ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce de leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils l’accepter ?

David Ben Gurion, le premier ministre israélien, cité par Nahum Goldman dans le paradoxe juif, p. 121.

greenCommunism Publié le18 h 58 min - 15 mai 2010

sur un video d’alain soral il a demander qui avais demander a ce qu’une place sois nommé après ben gurion, il a aussi critiquer que ce sont normalement les français qui sont honoré et que david ben gurion contredit les valeurs universelle de la république française. Donc est-ce que quelqu’un sais qui a eu l’idée d’inaugurer une allée envers ce chef de guerre?

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